Policiers, militaires, douaniers et... gardes forestiers formés contre le terrorisme
Durant quatre jours, à la base militaire d'Arlon, 250 personnes ont reçu une formation, pour pouvoir réagir en conditions réelles en cas d'attaque terroriste.

- Publié le 19-06-2018 à 10h01
- Mis à jour le 19-06-2018 à 10h56

Durant quatre jours, à la base militaire d'Arlon, 250 personnes ont reçu une formation, pour pouvoir réagir en conditions réelles en cas d'attaque terroriste.
La Défense, la police, le département de la Nature et des Forêts (DNF) et les douanes et accises ont organisé un Forum sur de nouvelles techniques et tactiques dans le domaine de la gestion de la violence.
Cette semaine d'expérience s'est tenue à la base militaire de Lagland à Arlon. "Cette expérience visait avant tout à cibler les formateurs des différents départements. Ainsi, chaque département, que ce soit la police, les douanes, l'armée et le département de la Nature et des Forêts ont pu apporter leur expertise à tous les autres participants", explique Georg Janssen, coorganisateur du Forum et adjudant-chef à la retraite pour la Défense.
Compte tenu du contexte antiterroriste et de la menace quasi permanente qui plane sur notre société, le but de cette semaine d'échange d'expériences entre les différents départements impliqués et leurs organes de sécurité respectifs avait pour but d'améliorer sensiblement leur coopération sur le terrain. "Différentes techniques et tactiques ont été échangées, toujours en lien avec l'actualité liée à la menace d'attentat. Ici, la thématique s'organisait vraiment autour d'une question : quelle réaction avoir face à un terroriste ?", précise-t-il. C'est ainsi que durant quatre jours, plusieurs ateliers seront organisés, allant de techniques de tir à la détection des pièges en passant par l'usage légitime de l'arme de service.
"Cette année, sept ateliers ont été dispensés par quatre départements au sein d'un village de manœuvre à Lagland, une zone artificielle qui est utilisée habituellement pour les besoins d'entraînement de la Défense. Il y avait des adversaires virtuels, des jeux de rôle organisés", ajoute Georg Janssen.
En plus de la Défense et de la police belge, plusieurs services de sécurité étrangers (entre autres la police suisse) ont participé à l'édition 2018. Un atelier qui simulait les différentes étapes avant et après une fusillade de rue a été organisé, par rapport à ce qui s'était passé à Bruxelles en août 2017 lorsque des militaires avaient abattu un homme qui les avait pris pour cible et était armé d'un couteau.
Au total, c'est près de 250 participants (plus de 60 personnes par jour) qui ont échangé leurs expériences durant trois jours avec un rythme de six heures de formation par jour.
Pour rappel, le Forum interdépartemental a vu le jour en 2006. Il fêtait donc cette année sa treizième édition sous sa forme actuelle et connaîtra une nouvelle édition l'année prochaine.
La toute première initiative du Forum interdépartemental de tactiques et techniques, nom officiel de la série d'ateliers, date de 1986. À cette époque, le forum consistait en un championnat de tir confrontant divers corps de police et de la Défense. Il prit sa forme actuelle en s'ouvrant au département des Eaux et Forêts en 2006.
"Ne plus revivre un 22 mars"
La Défense a organisé différents ateliers permettant de mieux aborder des colis piégés et les véhicules suspects. "Tous les exercices étaient très pratiques. Le but était que les participants repartent avec de bonnes sensations", explique Georg Janssen, coorganisateur du Forum. À titre d'exemple, la police a donné des outils afin d'identifier les individus au comportement suspect et différentes techniques pour les aborder. "À l'image de ce qui s'était passé lors du 22 mars, le but est de donner des ficelles pour intercepter les terroristes avant qu'ils agissent afin de ne plus jamais revivre ce genre d'horreur."
Dans le même thème, la police suisse s'est rendue à Arlon pour former nos militaires et nos policiers autour d'une problématique qui devient récurrente : comment éviter la mise en danger de tierces personnes lorsqu'il faut intervenir sur un terroriste ? "Les participants s'entraînaient à tirer afin d'abattre directement le terroriste, représenté par une cible, et sans toucher d'autres cibles présentes juste à côté et représentant des tierces personnes", indique Georg Janssen. Les douanes ont également organisé des ateliers pour former au tir "en abordant toute la chronologie du tir, tout en s'assurant d'être sur la bonne personne et de neutraliser la menace".
Et pour finir, le Département de la nature et des forêts (DNF) a dispensé plusieurs ateliers qui visaient à améliorer les comportements face à un animal blessé ou dangereux.
