Vertenueil (FGTB) : "S'il n'y a pas de marge salariale, ça va exploser"

Le président de la FGTB vient d'apprendre que la marge salariale calculée par le Conseil central de l'économie (CCE) pour entamer les discussions de l'accord interprofessionnel était de… -0,2. Pas de marge, donc. "Je suis en colère…", dit-il.

II est remonté, Robert Vertenueil. Et c'est peu de le dire… Parce qu'il vient d'apprendre que la norme salariale serait… de 0. Avant même l'entame des négociations pour l'accord interprofessionnel 2019-2020 (AIP), la colère est palpable. "Hier, j'ai appris que les projections du conseil central de l'économie (CCE), qui calcule ce montant qui sert généralement de base aux discussions, pointaient une marge négative de -0,2%. Ce sera donc 0. Je vous avoue ma totale incompréhension, d'autant que derrière les calculs, il y a quelques bizarreries. Mais il n'est pas question, quoi qu'il en soit, qu'il n'y ait pas de marge salariale. Les gens, dont certains sont déjà dans la rue avec des gilets jaunes, pourraient enfiler des gilets rouges pour manifester leur ressenti. Et ce ressenti, c'est quoi ? Que malgré tout ce que le gouvernement nous bassine en termes de chiffres, le pouvoir d'achat a reculé ces quatre dernières années."

On joue les avocats du diable. On réfère à des projections du Bureau fédéral du Plan, qui montrent que le revenu disponible a augmenté cette année et devraient progresser de 1,9% en 2019. À cela, Robert Vertenueil rétorque. "Oui, mais le revenu disponible c'est quoi ? Ce n'est pas le salaire net en poche. Et là, tant la Commission européenne cette semaine que l'OIT (Organisation internationale du travail) récemment ont montré que le pouvoir d'achat avait diminué ces dernières années. Tout cela pour vous dire que je n'accepterai pas ce blocage des salaires. Pour la négociation de l'accord 2017-2018, on avait dérogé à la loi (de compétitivité de 1996, ndlr) en pratiquant un saut d'index. Je demande que l'on déroge ici aussi à la loi. D'après nos calculs, et se basant sur les travaux du CCE, la marge serait de 1,4%. Vous savez, de plus en plus de présidents de centrale ont peur. Parce qu'ils sentent que les attentes des gens, qui ont du mal à boucler leurs fins de mois, sont importantes. Ils attendent un geste de ce gouvernement qui a tout fait pour les grandes entreprises jusqu'à présent. Si ces attentes ne sont pas rencontrées, s'il y a blocage des salaires pendant 2 ans, ce sera explosif. Particulièrement le 14 décembre, qui marque le point d'orgue des actions syndicales entamées le 10 décembre."

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