Après un score inattendu, Yves Coppieters au poste de "Ministre de la Santé ?
Yves Coppieters a permis aux Engagés d'obtenir un siège dans le Brabant wallon. Le Professeur de santé publique a même récolté quatre fois plus de voix que la tête de liste du CDH dans cette circonscription en 2019

- Publié le 10-06-2024 à 17h21

Le pari d'ouverture des Engagés à la société civile aura payé dans les urnes. Illustration avec Yves Coppieters qui a recueilli 20.152 voix à la Chambre, ce qui permet aux Engagés d'obtenir un siège dans le Brabant wallon. L'épidémiologiste, qui siégera donc à la Chambre dans quelques mois, a également permis de récolter quatre fois plus de voix que la tête de liste du CDH dans cette circonscription en 2019.
Comment avez-vous réagi aux résultats des élections ?
"Sur un plan personnel, c'est le moment pour moi de prendre mes responsabilités en tant que député fédéral et de défendre notre vision au sein des différentes commissions. Je serai attentif au sein du parti sur ce qu'on veut faire au niveau de la santé. Dans les nombreux messages de félicitations que j'ai reçus, beaucoup me disent compter sur moi en me rappelant de ne pas les décevoir par rapport à mon engagement. C'est aussi une forme de pression qui débute et c'est bien normal, il ne faudra pas décevoir les gens qui ont voté pour nous et être capable d'assumer nos engagements pour ne pas perdre toute crédibilité".
Et ministre de la Santé, vous y pensez ?
"Je ne ferais pas de lobby en interne mais j'écouterais ce qu'on me propose. Si on en vient à ce genre de discussion, je prendrais mes responsabilités comme je l'ai déjà dit, et je m'investirai alors pleinement dans ce pour quoi je me suis engagé".
Comment expliquez-vous votre succès et celui des Engagés ? "Dans le Brabant wallon, nous avons tout misé sur la cohésion d'équipe avec un travail de groupe très important. Je n'ai jamais été seul et il n'y a jamais eu non plus dans notre parti de commentaire ou de jugement sur les autres partis. On a également lancé notre campagne très tôt (dès le mois de novembre) avec une présence massive sur le terrain et on a constaté que les gens étaient dès le début très réceptifs à notre message. D'autres éléments nous ont été favorables comme la présence importante de Maxime Prévot dans les médias qui a pu "vendre" la marque des Engagés et les éléments clés de notre programme. Dans la foulée, cela a été plus facile de prendre le relais sur le terrain auprès de la population".
On parle beaucoup d'une coalition entre le MR et Les Engagés mais sur le plan de la santé, les désaccords sont nombreux. "Il n'y a pas de blocages idéologiques avec le MR mais il y a des différences sur la manière d'arriver à nos objectifs. Le MR ne veut pas augmenter la norme de croissance des soins de santé à 2 % et souhaite réaliser plusieurs milliards d'économies dans le secteur alors que nous voulons arriver à 3,5 % et faire de la santé publique une place forte. Je resterai donc très attentif à l'évolution des discussions".
Durant la campagne, Les Engagés n'ont cessé de répéter que "la priorité c'est la santé". Est-ce qu'elle le restera au vu des futures coalitions ? "La santé est et restera un élément primordial de notre parti. Il est par exemple fondamental d'accorder plus de place à la prévention, de mieux coordonner les soins de santé, voire de les refédéraliser. La crise du Covid-19 a en effet démontré qu'en cas d'urgence, une unité de commandement est indispensable. On doit revoir aussi notre première ligne de soins avec plus de médecins généralistes, refinancer nos hôpitaux et agir au plus vite pour un meilleur accès aux soins".
