Mais qui est Els van Doesburg, la "Burgermama" qui va remplacer Bart De Wever comme bourgmestre d'Anvers ?
L'échevine anversoise et étoile montante de la N-VA, prendra les rênes de la ville portuaire. Elle ne fait pourtant pas l'unanimité.

- Publié le 03-02-2025 à 06h59

Dès que Bart De Wever aura prêté serment ce lundi comme Premier ministre, l'échevine Els van Doesburg, N-VA également, prendra possession de son vaste bureau aux sombres boiseries situé au célèbre "Schoon Verdiep" de l'hôtel de ville d'Anvers. Anversoise née aux Pays-Bas, cette nationaliste de 35 ans est au centre de toutes les attentions depuis que l'on a appris, le 28 décembre dernier, qu'elle était… enceinte. Son compagnon et père de l'enfant à naître est un fidèle lieutenant de Bart De Wever : l'Anversois Peter De Roover, ancien chef de groupe N-VA au Parlement fédéral. Entre-temps, son compagnon a pris du galon puisque "The Boss" lui a confié, en juillet, la présidence de la Chambre.
Le couple N-VA semble vivre en parfaite symbiose tant dans la sphère publique que privée. Leurs fiançailles avaient été annoncées en novembre 2021, les deux sont inséparables depuis un temps déjà.
C'est la première fois qu'une élue, enceinte de plusieurs mois, prend les rênes de la ville portuaire. Bart De Wever lui-même fut l'un des premiers à avoir été mis au courant. A en croire Het Laatste Nieuws, le formateur royal était "très content, ému même". Il lui aurait alors lancé : "Allez, Anvers s'offre une vraie burgermama" ("maman bourgmestre").
A l'école de la N-VA
Les parents d'Els van Doesburg sont néerlandais, originaires de Soest, une petite ville située non loin d'Utrecht. La famille a quitté la Hollande pour élire domicile à Schilde, au Nord d'Anvers alors qu'Els était encore enfant. Hollandaise d'allure, Flamande de cœur, Els van Doesburg "se sent comme un poisson dans l'eau" à Anvers, sa ville d'adoption. Elle connaît la ville comme sa poche. Elle y a grandi et y fut scolarisée dès l'âge de 10 ans au collège Sint-Jan-Berchmans à Westmalle. Elle a ensuite décroché un diplôme en sciences politiques à l'université d'Anvers. À partir de 2018, la future bourgmestre a vu sa carrière politique décoller comme une fusée. Élue conseillère communale, passionnée de sujets sociétaux, elle accepte alors de présider la commission communale de l'Égalité des chances et de l'Intégration.
Depuis lors, tout est allé très vite. En mai 2021, elle reprend les compétences de l'échevin Fons Duchateau qui quitte son poste. Sa charge comprend alors le logement, les espaces verts, l'entretien de la ville, la santé publique, la politique des aînés et le bien-être animal. En plus, elle prend les rênes de l'important réseau d'hôpitaux anversois ZNA.
Dans la Métropole, Bart De Wever fit d'Els van Doesburg ce que Louis Tobback (Vooruit) fit à Louvain de Mohamed Ridouani. Comme Tobback, De Wever proposa à la jeune élue un poste d'échevine au collège anversois. Voyant la vitesse à laquelle elle progressait, le bourgmestre l'encouragea à aller plus loin en lui confiant toujours plus de responsabilités. C'est ainsi que la jeune femme dynamique se retrouve aux manettes de la plus grande ville flamande.
En quelques années, Els van Doesburg est devenue l'étoile montante de la N-VA et une véritable locomotive électorale pour le premier parti politique d'Anvers.
Aux élections communales d'octobre, elle a obtenu plus de 13 000 voix de préférence se plaçant juste derrière Bart De Wever et son principal rival, Jos D'Haese (PTB). Aux élections législatives du mois de juin, le score personnel de l'Anversoise, élue au Parlement flamand, frisait les 25 000 voix de préférence. Un résultat brillant et cruel comparé à celui de Koen Kennis, le ténor de la N-VA, dévoreur de dossiers, expérimenté et bénéficiant pourtant d'un important réseau. Ce dernier a obtenu moins de 5000 voix aux élections communales. Or le nouveau décret électoral flamand stipule que le champion des voix du plus grand parti sorti des urnes devient… bourgmestre.
Dérives du wokisme
La future bourgmestre d'Anvers ne fait pourtant pas l'unanimité. On sait que, comme Bart De Wever, elle mène une vraie croisade contre la pensée woke qu'elle déteste. L'écrivain Tom Lanoye la compare même à la Première ministre italienne Giorgia Meloni. Décomplexée, on l'appelle parfois "Madame sans gène" lorsqu'impassible, elle dénonce les dérives du wokisme. À Anvers, Els Van Doesburg devra marcher sur des œufs afin de maintenir un bon équilibre entre son parti et Vooruit.
Elle devra discuter avec les progressistes sur son flanc gauche qui ne l'épargneront pas. Le retour sur le devant de la scène de l'ancien bourgmestre socialiste Patrick Janssens (Vooruit) comme échevin en charge de l'Aménagement du territoire, ne lui facilitera pas la tâche. Le come-back du ténor socialiste, qui avait été battu par De Wever en 2012, a surpris tout le monde. Janssens veut à nouveau imprimer sa marque sur la politique locale en tant qu'échevin de l'Aménagement du territoire, cette fois. Il fera tout pour atteindre son objectif prioritaire : compliquer la vie des promoteurs immobiliers et faire construire des logements sociaux partout où ce sera légalement possible.
Quant à la first lady anversoise qu'on appelle parfois "la reine du Schoon Verdiep", elle n'a pas l'intention de se faire marcher sur les pieds. "Je ne serai pas un mini-Bart", lance Els van Doesburg lorsqu'on lui demande si elle ne risque pas d'être perçue comme "la marionnette" du bourgmestre empêché Bart De Wever. "D'ailleurs, lui non plus ne tient pas à jouer les belles-mères", répond l'échevine car ce n'est pas dans ses habitudes. Mais la "burgermama" marquera en tout cas une pause de 15 semaines après son accouchement, prévu en juin. Pendant son congé de maternité, elle se fera remplacer par… son collègue (et rival) quoique nettement moins populaire qu'elle : l'échevin N-VA Koen Kennis.
