A l'Institut de la Providence de Woluwe, plusieurs professeurs ont décidé de ne pas remettre les bulletins :" On ment aux parents et aux enfants"
Pour protester contre les mesures d'économies de l'Arizona dans l'enseignement, plusieurs professeurs de l'Institut de la Providence à Woluwe ont décidé de ne pas remettre les bulletins aux élèves. Nous avons rencontré une enseignante concernée qui nous a expliqué les raisons de son choix.

- Publié le 18-10-2025 à 20h07

Alors que les élèves de l'Institut de la Providence de Woluwe devaient normalement recevoir leurs bulletins avant le début des vacances d'automne, plusieurs enseignants ont décidé de ne pas les distribuer, en signe de protestation contre les mesures du gouvernement Arizona, comme rapportent nos confrères de RTL.
Nous avons rencontré une des professeurs qui a décidé de ne pas rendre ses bulletins. Inès L. est enseignante du 3eme degré en option Agent d'accueil et tourisme à l'Institut de la Providence de Woluwe.
Pouvez-vous brièvement revenir sur la situation ?
Lors d'un arrêt de travail, nous avons discuté de la grève ainsi que de la manifestation et surtout de ce sentiment d'impuissance. Nous manifestons depuis un moment et les décisions prises par le gouvernement ne s'améliorent pas, au contraire… elles sont pires.
Nous avons fait un brainstorming tous ensemble. Nous voulions un message rapide, clair et impactant mais ne mettant pas en danger nos élèves.
Néanmoins nous voulions aussi une réaction de leur part ainsi que des parents. Ces décisions nous touchent nous, les profs, mais également nos élèves.
Il fallait aussi trouver une réponse à la violence des 2h supplémentaires dans le degré supérieur sans augmentation de salaire et aux autres décisions annoncées lors de la présentation du budget de la Fédération Wallonie-Bruxelles.
Quelles sont les mesures contre lesquelles vous vous battez ?
Nous nous battons contre le déficit structurel de la FWB, qui est finalement un choix politique et contre le fait que l'enseignement et les enseignants demeurent une variable d'ajustement. Toutes ces mesures n'aideront pas à réduire la pénurie de profs.
Comment est-ce possible de réduire le budget sans cesse au niveau de l'éducation, alors que nous avons tous droit et besoin d'être scolarisés afin de nous former ?
De plus, le secteur du général n'est pas logé à la même enseigne que le technique et le professionnel. Cela augmente encore plus les inégalités auprès des élèves. En ajoutant des heures supplémentaires aux enseignants, certains risquent par effet domino de perdre leur emploi ou de devoir chercher des heures dans une autre école. On va donc avoir plus de déplacements et de charge mentale pour toujours le même salaire.
Vous n'avez pas peur que les élèves soient impactés par cette décision ?
L'impact pour les élèves sera minime. Ils recevront leur bulletin une semaine après la date prévue.
Ce qui est beaucoup plus inquiétant pour eux est la pénurie qui pousse les écoles à engager quasi n'importe qui.
À la rentrée 2024, un nouvel enseignant sur quatre n'avait ni diplôme pédagogique ni diplôme relatif à la matière qu'il enseigne. On ment aux parents et aux enfants.