Condamné à huit ans en première instance, le baby-sitter qui a violé plusieurs enfants voit sa peine alourdie à 12 ans
Les victimes étaient âgées de 7 à 15 ans aux moments des faits.

- Publié le 21-02-2024 à 16h57

L'audience devait débuter à 9 heures, mais une panne électrique à l'entrée du palais de justice a reporté toutes les audiences. Les parties civiles sont finalement arrivées aux alentours de 9 h 45. Peu après que Luc (prénom d'emprunt) soit installé par les policiers sur le banc des prévenus, aux côtés de ses avocats.
Le président prévient : l'arrêt est extrêmement long, car les faits sont graves. Luc, 27 ans, est accusé d'avoir abusé sexuellement d'une quinzaine d'enfants, entre 2015 et 2022. Les préventions sont nombreuses et lourdes : attouchements, viol, détention et publication d'images à caractère pornographique, atteinte à l'intégrité sexuelle, traitement inhumain et incitation à la débauche.
Selon les témoignages entendus, le jeune homme aurait notamment massé les parties intimes d'un enfant, il se serait masturbé devant plusieurs autres, il aurait demandé une fellation, il aurait consommé du cannabis avec un des ados avant d'avoir des rapports. Il aurait également inséré un objet dans l'anus d'un des enfants avant de lui demander de le mettre en bouche, et photographié un autre enfant, lui demandant de poser nu et à quatre pattes. Le baby-sitter avait par ailleurs relaté ces histoires dans un journal intime – retrouvé par les enquêteurs -, dans lequel il livrait de nombreux détails à caractère sexuel.
Les victimes étaient âgées de 7 à 15 ans aux moments des faits. Tout s'est arrêté lorsque la maman d'un des petits a suspecté une attitude et un comportement suspects de la part du baby-sitter.
"L'innocence de nos enfants est partie bien trop tôt"
En mai 2023, le jeune baby-sitter avait été condamné à huit ans de prison. Quatre parties civiles ainsi que le ministère public avaient fait appel, car Luc avait été acquitté pour certaines préventions. La justice avait notamment estimé que certains enfants auraient été influencés dans leurs dires. Le traitement inhumain n'avait pas non plus été reconnu, alors que certaines victimes avaient notamment été giflées (des vidéos des faits ont été retrouvées) et enfermées dans la cave lorsqu'elles refusaient de se plier aux exigences de leur baby-sitter.
Lors d'une des audiences en appel, la maman d'une des victimes s'était brièvement exprimée. "Nous vivons dans la peur au quotidien. Il y a un avant et un après. L'innocence de nos enfants est partie bien trop tôt", avait-elle déclaré, avec émotion.
Ce mercredi matin, c'est l'heure du jugement. Condamné à huit ans en première instance, Luc est condamné, en appel, à 12 années de prison, ainsi qu'à 10 ans de mise à disposition du tribunal d'application des peines (TAP).
"Déclarations dignes de foi"
La cour estime qu'il s'agit de faits extrêmement graves et retient comme circonstance aggravante le jeune âge de certaines victimes (moins de 10 ans). Elle estime également que Luc a trompé la confiance des parents, et qu'il a troublé les enfants, dont certaines ont subi un chantage affectif, appuie la cour.
Contrairement à ce qui a été étayé par les juges en première instance, la cour d'appel explique que les déclarations des victimes sont "dignes de foi". Un soulagement pour les parents qui n'ont pu retenir leurs larmes à la lecture de l'arrêt. Luc, lui, est resté sans rien dire. Avant d'être emmené par les policiers. Direction la prison.