La pandémie n'y a rien changé: la voiture est aussi populaire qu'avant le Covid, surtout pour se rendre au travail
Une étude de Tempo-Team et de la KU Leuven révèle que le Belge a repris l'habitude de se rendre au travail avec sa voiture.

- Publié le 14-09-2022 à 07h12

Quel a été l'impact de la pandémie sur nos habitudes de mobilité pour se rendre au travail ? C'est la grande question à laquelle a tenté de répondre Tempo-Team en collaboration avec la KU Leuven dans le cadre d'une étude auprès d'un échantillon représentatif de 2 500 travailleurs et 250 employeurs en Belgique.
Si les lockdowns ont contraint des centaines de milliers de travailleurs à laisser leur voiture au garage et que le télétravail s'est également généralisé dans de nombreux secteurs, cette mise à l'arrêt n'aura été que temporaire : le Belge a en effet repris l'habitude de se rendre au travail en automobile. Près de 6 personnes sur 10 le font régulièrement (57 %), soit autant qu'avant la pandémie de Covid-19. Dans le détail, on remarque qu'un peu moins de la moitié des travailleurs interrogés (44 %) utilisent leur véhicule privé pour se rendre au travail, alors que 12 % le font en voiture de société.
Les autres modes de déplacements les plus utilisés sont le vélo ou la trottinette électriques (19 %), les transports publics (13 %) et la marche (7 %). "Parmi les travailleurs qui utilisent essentiellement leur voiture pour rejoindre leur lieu de travail, un automobiliste sur cinq (20 %) déclare que de meilleurs services de transport public entre le domicile et le lieu de travail pourraient les convaincre d'opter pour des choix moins polluants, explique Anja Van den Broeck, professeure à la faculté d'Économie de la KU Leuven et experte en motivation du travail. Ils sont tout aussi nombreux à souhaiter une contribution plus importante des employeurs ou des autorités afin d'indemniser les frais plus élevés des voitures plus propres. Si les employés doivent se rendre moins souvent au bureau, ils prennent plus souvent la voiture au lieu d'un autre moyen de transport. Une partie précédente de cette étude (effectuée en 2021) a montré une diminution de l'utilisation des transports en commun pour les déplacements domicile-travail. Les salariés prennent désormais moins le bus (20 % avant Covid, 14 % après) ou moins le train (24 % avant Covid, 15 % après)".
"Les gens veulent du confort et être sûrs de l'heure d'arrivée"
D'après les données de la KU Leuven, on observe que les employés préfèrent travailler à domicile plus que ne le permettent les employeurs. 33,3 % des salariés interrogés souhaiteraient travailler de chez eux 2 à 3 jours par semaine. En réalité, seuls 24,1 % sont autorisés à le faire, 18 % aimeraient même travailler à domicile pendant 4 à 5 jours, mais seuls 7,2 % y sont autorisés. "Les employeurs aiment voir leurs employés revenir au bureau. Ils mettent souvent l'accent sur la communication informelle comme raison (par exemple, il est plus facile de consulter des collègues, de faire un remue-méninges), mais aussi sur le contact social et sur le fait d'être conscient de ce qui se passe dans l'organisation."
L'étude révèle qu'ils sont 11 % à désirer de meilleures indemnités pour l'emploi du vélo, des services de transports publics plus fréquents et/ou plus réguliers, pour éviter qu'ils soient toujours bondés.
Les travailleurs passent chaque jour plus d'une heure entre le domicile et le travail (72 minutes en moyenne, mais avec un résultat médian de 60 minutes). Un quart reconnaît que ces déplacements sont source de stress, ont des répercussions négatives sur l'équilibre entre travail et vie privée et incitent même certains à envisager de chercher un emploi ailleurs.
Mais d'un autre côté, 4 travailleurs sur 10 déclarent parvenir à se détendre durant les déplacements de et vers le travail et un sur quatre, qu'ils contribuent à mieux séparer le travail de la vie privée. "Les salariés souhaitent une meilleure connexion avec leur lieu de travail, par exemple moins de transferts, un point de retrait proche du travail. Mais aussi, par exemple, des transports en commun plus fréquents pour qu'ils ne soient pas pleins à craquer et des bus et des trains plus ponctuels. Il semble donc s'agir de commodité et de prévisibilité : les gens veulent pouvoir voyager confortablement et être sûrs de l'heure d'arrivée. Réduire l'usage de la voiture ne sera pas facile : 40,5 % déclarent qu'aucune raison n'aiderait à les convaincre de moins prendre la voiture", conclut Anja Van den Broeck.
