Vers la fin des matchs la nuit ? La nécessaire adaptation du foot: "Il faut modifier nos pratiques et infrastructures sportives", juge Ecolo
Au vu du contexte énergétique actuel, Ecolo plaide pour une adaptation des pratiques et des infrastructures sportives.

- Publié le 04-09-2022 à 19h41
- Mis à jour le 04-09-2022 à 20h42

Entre les enceintes sportives énergivores en passant par les trajets polémiques en avion et la Coupe du monde au Qatar, le football professionnel est loin d'être un bon élève en matière d'écologie. Avec la crise de l'énergie, les clubs sont contraints de s'adapter. Dans certains pays, on est déjà passé à la vitesse supérieure.
C'est le cas de la France où la ministre des Sports, Amélie Oudéa-Castéra, travaille sur un plan d'adaptation au changement climatique qui interdirait les rencontres le samedi soir dans le but de limiter l'éclairage. En Italie, le championnat de première division de football va imposer une réduction de 25 % de l'utilisation des projecteurs dans les stades les jours de match, afin de faire des économies d'énergie.
"Pour continuer à faire et profiter du sport, il faut adapter nos pratiques et infrastructures pour que cela reste possible dans le contexte énergétique actuel et compatible avec les défis climatiques, indique Séverine de Laveleye, députée fédérale Ecolo. La crise climatique nécessite des mesures ambitieuses à tous les niveaux et dans tous les secteurs, y compris celui du sport." Un match de foot le soir en plein hiver, c'est du chauffage dans les vestiaires et dans les zones invités mais également un éclairage puissant pour éclairer la pelouse, soit une situation très énergivore. S'il n'existe que peu de données sur le bilan carbone du sport mondial et aucune sur le football, Ecolo se réfère à une étude (Playing Against the Clock) qui mentionne que l'ensemble des grands rendez-vous mondiaux de sport émettent 10 millions de tonnes de CO2 par an, soit l'équivalent des émissions du Luxembourg, de la Côte d'Ivoire ou du Sénégal.
Une nécessaire transformation
"Ceci étant, il est important de faire la différence entre la pratique du sport dans un petit club local et les grandes compétitions internationales, poursuit-elle. Au niveau local, on se posera la question des infrastructures, du chauffage et/ou de la climatisation, de l'entretien des pelouses, de la mobilité des supporters… qui ont bien entendu un coût climatique conséquent, même s'ils restent incomparables avec les grands rendez-vous internationaux".
Selon ses acteurs, le sport le plus populaire du monde cherche toutefois à réaliser sa transition écologique mais le chemin à parcourir semble encore très long. "Il est donc nécessaire d'avoir un diagnostic par secteur et des objectifs à atteindre. Il est primordial de prendre en compte les externalités environnementales et sociales de chacune de nos pratiques, le sport de compétition ne peut pas faire exception".
D'après Ecolo, plusieurs pistes doivent être soutenues. Tout d'abord, la mutualisation et la rénovation des infrastructures dans l'optique de viser leur neutralité carbone, le fait que les clubs mettent en place des dispositifs de production de leur propre énergie renouvelable, intégrer des mesures de mobilité douce tant pour les sportifs que pour les supporters, sachant que la mobilité équivaut à environ un tiers des émissions dans le secteur du foot au niveau national. "On peut aussi penser au fait de localiser et revoir la taille des grands évènements dans des lieux qui nécessitent moins de ressources pour climatiser et/ou chauffer, revoir et diminuer les pratiques de merchandising, repenser les équipements et pratiques de catering, etc. Un dernier volet qui ne peut pas non plus être négligé est le sponsoring. Trop d'évènements sont encore soutenus par des entreprises directement actives ou dépendantes d'énergies fossiles En conclusion, du sport oui. Du foot, oui. Mais au service de la santé et du bien-être de toutes et tous", explique Séverine de Laveleye.
