Catherine Fonck (Les Engagés) dénonce les méthodes de Frank Vandenbroucke: "Une gifle de plus pour le personnel soignant"
Catherine Fonck, cheffe de groupe des Engagés à la Chambre, dénonce un coup de communication de la part du ministre de la Santé.

- Publié le 07-11-2023 à 07h18

Si le gouvernement souhaite qu'une politique de retour plus stricte soit mise en œuvre, en attendant, il souhaite limiter le plus possible la crise de l'accueil.
"C'est pourquoi il a été demandé à tous ceux qui possèdent des bâtiments s'il existe des bâtiments vacants temporairement disponibles pour accueillir les demandeurs d'asile, explique le cabinet du ministre Frank Vandenbroucke. L'enquête, désormais clôturée, a montré que certains hôpitaux peuvent effectivement encore mettre à disposition des bâtiments là où aucun patient ne réside. Le secrétaire d'État De Moor examine si un abri efficace est possible là-bas et comment celui-ci est organisé. Et qu'il soit bien clair que cela concerne spécifiquement les bâtiments où ne réside aucun patient et où le personnel soignant n'est absolument pas impliqué ici".
Face à la crise qui s'abat sur nos hôpitaux, Catherine Fonck, cheffe de groupe des Engagés à la Chambre, estime toutefois qu'utiliser des lits pour les demandeurs d'asile est un non-sens total. "La pression est maximale dans les hôpitaux, des lits sont fermés, des soins sont retardés et le personnel est à bout, explique-t-elle. Et malgré cela, on a un ministre qui fait un coup de comm'dans cette histoire étant donné que le SPF Santé publique connaît exactement le nombre de places disponibles dans les hôpitaux et il n'y a qu'une poignée de lits disponibles sur un site hospitalier ou l'autre, alors que les ministres évoquent des milliers de places à trouver. Il y a bien plus de lits disponibles mais ils sont fermés par manque de personnel infirmier car on fait face à une pénurie criante dans ce secteur depuis des années. Ce courrier a été vécu comme une gifle par les soignants, qui ne sentent pas soutenus ni reconnus dans leur métier".
Cela fait d'ailleurs plusieurs années que celle qui est aussi conseillère communale à Frameries appelle à un grand plan d'attractivité et de rétention digne de ce nom à l'égard du personnel soignant. "On a besoin de ces lits pour les patients et si on continue de reporter les soins, ce sont les patients qui en paieront le prix. On assiste à une hémorragie du côté du personnel infirmier, on attend donc un financement suffisant dans les hôpitaux. D'ici 2024, le ministre réalisera plus de 700 millions d'euros d'économies dans les soins mais au vu de l'urgence de la situation, ce secteur ne doit plus être considéré comme une variable d'ajustement", conclut-elle.
