À peine a-t-il eu le temps de prêter serment au Parlement wallon, Yves Coppieters déjà interpellé dans l'affaire des Pfas
La Société scientifique de médecine générale (SSMG) alerte sur le manque de données concernant les contaminations aux Pfas.

- Publié le 17-07-2024 à 09h54
- Mis à jour le 17-07-2024 à 11h32

À peine a-t-il eu le temps de prêter serment au Parlement wallon ce lundi que le nouveau ministre de la Santé, Yves Coppieters (Les Engagés), doit faire face à un dossier brûlant : celui des Pfas. Alors que les résultats sont tombés dans le cadre des analyses effectuées dans le Hainaut, le superministre désormais détenteur de neuf compétences se retrouve confronté à une lettre ouverte de la Cellule Environnement de la Société scientifique de médecine générale (SSMG) qui souhaite attirer son attention sur la préoccupation croissante concernant les substances perfluoroalkylées (Pfas).
Deux facteurs d'inquiétude sont dans le viseur de la SSMG : le risque de surmédicalisation suite aux recommandations de dépistages (notamment les mammographies dès 40 ans, les dépistages non validés, etc.) ainsi que le manque de données permettant de rassurer les femmes allaitantes.
"La population, légitimement inquiète, ne trouve que peu de réponses à ces questions", déplore John Pauluis, Responsable de la Cellule Environnement de la SSMG. "Concrètement, deux problématiques nous interpellent. Premièrement, les recommandations pour le suivi des patients contaminés par les Pfas qui ont été publiées par le Conseil scientifique indépendant se basent principalement sur celles du Nasem aux États-Unis et ont été établies sans concertation avec la première ligne de soins et sans études préalables sur leur intérêt pour la santé des personnes et en termes de santé publique. Dès lors, on se demande quelle sélection des populations est à tester pour la contamination aux Pfas et quel suivi médical proposer à large échelle."
La nécessité d'une concertation avec le monde médical
L'autre problématique, concerne l'allaitement. La SSMG met en avant un cas récent où lors d'une réunion publique, une mère avec un taux de Pfas sanguin de 36 ng/ml a signalé que son enfant de trois ans présentait un taux de 90 ng/ml. Bien que l'allaitement maternel soit généralement préféré pour ses nombreux bénéfices, les recommandations américaines suggèrent de le reconsidérer en cas de forte contamination par les Pfas. "Exposer des nourrissons à des taux élevés de Pfas, particulièrement durant les 1000 premiers jours de vie, période cruciale pour le développement, est préoccupant, souligne-t-il. Cette situation illustre donc bien les conséquences sanitaires d'une pollution environnementale et souligne la nécessité d'une réponse proactive et concertée avec le monde médical." Si le nouveau ministre reconnaissait hier dans nos pages l'urgence de la situation, il demandait également "une période de latence pour mieux connaître les tenants et les aboutissants du dossier". Face aux multiples inconnues et au manque de transparence des autorités, la population risque de ne plus avoir beaucoup de patience.
