Des échevins un peu nerveux qui veulent calmer la police
À Ans, des candidats PS ont peur que des amendes pour stationnement nuisent à leur campagne électorale.

- Publié le 03-09-2024 à 06h38
- Mis à jour le 03-09-2024 à 08h45

Une chronique "Il n'y a pas de quoi être fier" de Stéphane Tassin.
Les élections communales du 13 octobre rendent certains candidats un peu nerveux. À Ans, en région liégeoise, deux échevins PS et une grande partie de la section socialiste se sont inquiétés d'un trop grand nombre d'amendes administratives pour mauvais stationnement distribuées par la police – 154 en tout – lors d'un événement culturel et festif qui s'est tenu le 18 août dans la commune. Réunis en comité de campagne de leur section locale, les échevins Walther Herben et Philippe Saive ont évoqué cette question. L'information a été livrée par La Meuse qui a mis la main sur le PV rédigé à l'issue de cette réunion interne. Selon ce PV, des membres de la section ont fait valoir durant la réunion que d'autres festivités doivent encore avoir lieu à Ans avant les élections et ont dit souhaiter que la police ne fasse pas d'excès de zèle.
Pour les deux échevins-candidats, ces amendes administratives donneraient le sentiment que la commune "cherche juste à remplir les caisses communales". Une mauvaise publicité en somme pour une partie de l'équipe scabinale en place qui veut éviter de perdre des voix à cause de ça. Toujours selon le PV, les membres de la section PS d'Ans ont dès lors convenu de demander au bourgmestre, Grégory Philippin (PS également), absent lors de cette réunion, d'utiliser son rôle de président de la zone de police pour inviter la police locale à ne pas avoir la main trop lourde jusqu'aux élections.
L'un des deux échevins a même été plus loin puisque le PV précise qu'il serait intervenu lui-même auprès du bourgmestre lui demandant de, certes, faire enlever les véhicules dont le stationnement pouvait gêner l'intervention éventuelle des services de secours, mais de se co, tenter d'un simple avertissement pour tous les autres cas.
Grégory Philippin, le bourgmestre d'Ans a tout de suite coupé court à la polémique. Il n'est, pour lui, pas question de céder aux demandes de ses échevins et colistiers. Il réaffirme sa confiance dans le travail de la police locale et précise que ce n'est pas à un comité de campagne de prendre ce genre de décisions. "En période électorale, tout le monde devient un peu nerveux", a-t-il justifié à La Meuse. Quand on ne verbalise pas, on se demande ce que fait la police. Quand elle verbalise, on parle de remplir les caisses de l'état. Je fais entièrement confiance à mon chef de zone. À Ans, toutes les incivilités peuvent donner lieu à une verbalisation."
Pour l'anecdote, il faut aussi savoir que sur les 154 amendes administratives distribuées par la police locale le 18 août, 15 seulement concernaient des habitants de la commune.
Néanmoins, on peut quand même se demander si certains élus – quelle que soit leur couleur politique d'ailleurs – ne sont pas parfois un peu trop habitués à l'exercice du pouvoir. Considérer qu'en période électorale, il est en quelque sorte normal de demander à la police de faire preuve de laxisme semble bien irresponsable. Et croire que ce genre de discussions ne va pas fuiter, est de la naïveté ou la preuve d'une trop grande assurance. Fort heureusement, d'autres, comme le bourgmestre ansois, gardent les pieds sur terre.
Mais ceux qui avaient peur de voir l'attitude de la police nuire à leur campagne ont, en définitive, fait tout l'inverse. En Wallonie, on dit que c'est le bac qui se retourne sur le pourcha (le cochon).