Le Forem à la rescousse de l'armée pour attirer de nouvelles recrues: "Il faut aller chercher les jeunes sur les réseaux sociaux"
Formation courte spécifique préparant aux épreuves de sélection de sous-officier, job days, activités de sensibilisation, la Défense a missionné le Forem pour l'aider à recruter 900 personnes en Wallonie.

- Publié le 30-01-2020 à 07h44
- Mis à jour le 30-01-2020 à 07h45

Formation courte spécifique préparant aux épreuves de sélection de sous-officier, job days, activités de sensibilisation, la Défense a missionné le Forem pour l'aider à recruter 900 personnes en Wallonie.
Face aux nombreux départs à la retraite et au taux d'abandon élevé des jeunes recrues, le recrutement est un des plus grands défis qui se dresse devant la Défense. En 2020, l'armée belge compte recruter 2.035 militaires et 150 civils. D'ailleurs, les chiffres pour cette année sont identiques à ceux annoncés en 2019. En tout, ce sont 1.215 recrutements prévus de soldats, 600 de sous-officiers, 220 d'officiers et 150 de civils. 420 réservistes sont aussi prévus.
La Défense s'attend à voir partir 10.000 nouveaux pensionnés dans les cinq prochaines années et espère ainsi compenser les départs grâce à l'embauche de plus de 2.000 personnes par an. L'effort portera sur le recrutement de techniciens et la promotion de la place de la femme au sein de l'armée.
Face à ses difficultés dans le recrutement, la Défense a donc fait appel au Forem, l'Office wallon de la formation professionnelle et de l'emploi, pour l'aider à attirer près de 900 personnes en Wallonie. Ce dernier a donc mis en place un plan d'action pour rendre la Défense plus attractive auprès de la jeunesse.
Une nouveauté pour lutter contre le taux d'échec aux tests d'entrée à l'armée
Depuis des années, le Forem est chargé d'informer les candidats potentiels, de préparer les candidats aux examens d'entrée et d'organiser des jobdays pour valoriser les opportunités d'emploi à la Défense.
"L'armée évolue, on passe d'une armée de guerre à une armée plus technique, et les métiers évoluent également. Face au départs importants, il faut donc recruter, on s'est donc tourné vers nous pour une collaboration plus intensive. Nous regardons donc l'armée comme un employeur important, un des plus gros employeurs de Wallonie et en Belgique, derrière la SNCB d'ailleurs. Pour nous, c'est important car malgré la baisse du chômage en Wallonie, il reste quand même un nombre important de demandeurs d'emploi peu qualifiés. L'armée se professionnalise et a besoin de techniciens, qui font partie des métiers en pénurie, on peut donc donner un coup de main", indique Marie-Kristine Vanbockestal, l'administratrice générale du Forem.
Et cette fois, la collaboration entre les deux va passer à la vitesse supérieure. Une formation courte et spécifique préparant aux épreuves de sélection de sous-officier technicien au sein de l'armée. Face au taux d'échec élevé aux tests d'entrée, la Défense voit donc en cette option une possibilité de perdre moins de futurs soldats en route. "On vient donc avec un outil d'amélioration pour les tests de base. On veut avoir un impact sur le niveau en communication, mathématique, électricité, psychotechnique. Cette nouveauté sera d'ailleurs mis à disposition du campus militaire de Saint-Trond par le Forem", précise-t-elle.
D'ailleurs, l'an dernier, 90% des candidats qui avaient terminé cette formation avaient réussi les tests d'entrée.
Une des missions pour la Défense ? Toucher les jeunes sur Instagram
Cette année, le Forem va convier la Défense à participer aux Startech's days les 23 et 24 mars prochains à Ciney Expo et va organiser de nombreux jobdays en Wallonie, dont un le 1er avril à Florennes, avec notamment des workshops présentant les métiers techniques.
"L'objectif sera de faire la promotion des métiers de l'armée au niveau des fonctions techniques, qui sont des fonctions dans lesquelles nous observons également une situation de pénurie, il y a donc un croisement des intérêts. Il faut donc maintenant une permanence des interlocuteurs dans le but de construire une programme de jobdays pour le compte de l'armée", détaille la patronne du Forem.
Mais faire la promotion des métiers de l'armée est une chose, expliquer la réalité de ces derniers en est une autre. "Il faut maintenant faire un suivi précis et faire des bilans d'entrée, il est nécessaire d'aller plus loin afin d'expliquer ce que sont réellement les métiers à la Défense".
Au niveau des fonctions techniques, l'armée présente la bagatelle de près de 70 métiers différents, des jobs qui retrouvent tous aujourd'hui en situation de pénurie.
Pour Marie-Kristine Vanbockestal, il faut donc aller chercher les jeunes là où ils sont: sur les réseaux sociaux. "Au Forem, nous avons développé de nombreux outils de communication pour toucher les jeunes sur les réseaux sociaux. Je ne suis pas sûre que ce soit pareil pour l'armée. Quand on entend leur message de recrutement à la radio, c'est très généraliste, on ne sait pas exactement de quoi il s'agit. Aujourd'hui, on constate que les réseaux sociaux et notamment Instagram sont privilégiés par les jeunes, c'est donc l'image, le choc très court qui compte et qui est retenu".
