"Quand on s'engage à l'armée, c'est pour participer à ce genre de mission": des soldats belges "sereins" avant leur déploiement

- Publié le 01-03-2022 à 21h49
- Mis à jour le 01-03-2022 à 21h51

"Appelez-moi Doc." Il est le médecin de la bande. "Personnellement, mon état d'esprit, c'est serein, dit-il à quelques jours avant de partir pour la Roumanie. J'ai confiance dans la team médicale qui m'accompagne. C'est vrai que notre départ est un peu brutal, mais ce n'est pas une surprise, on avait vu la situation se dégrader."
Lilian, jeune soldat de 21 ans, utilise le même qualificatif : "Serein." "Quand on s'engage à l'armée, c'est pour participer à ce genre de mission. On est préparé à cela. C'est quelque chose qu'on attend."
Lilian et le Doc font partie du détachement des 300 militaires (250 dans un premier temps, puis 50 plus tard) qui vont intégrer la force de réaction rapide de l'Otan (VJTF), forte de plusieurs milliers d'hommes, en train d'être déployée en Roumanie pour répondre à la menace russe en Ukraine, aux frontières de l'Europe et de l'Alliance atlantique.
"Une mission de dissuasion"
La ministre de la Défense, Ludivine Dedonder (PS), et le chef de la Défense, l'amiral Michel Hofman, ont passé les troupes en revue, mardi après-midi, au camp roi Albert de Marche-en-Famenne. Dans la matinée, ils avaient assisté au briefing donné au roi Philippe, au quartier général de la Défense, à Evere, sur la situation en Ukraine.
"Ce qui, jusqu'à présent, était hypothétique devient une réalité. Pour la première fois de l'histoire de l'Otan, la VJTF est appelée à se déployer, a déclaré Mme Dedonder lors de sa visite à Marche. Il s'agit d'une mission défensive et de dissuasion aux frontières de l'Europe, dans l'espace de l'Otan", a-t-elle souligné. Pas question donc de pénétrer sur le territoire ukrainien et d'être au contact des forces russes.
Les Belges intégreront un bataillon binational franco-belge. Les premiers éléments ont déjà rejoint l'unité française, encore présente dans leur pays. Ils y assurent la liaison.
"Le bataillon pilote du détachement, c'est le 1er et 3e Lanciers (1/3L) de Marche-en-Famenne, a détaillé le général-major Pierre Gérard, commandant de la composante Terre de la Défense. Mais ce bataillon ne représente qu'une partie de ce grand détachement, qui est composé d'éléments d'infanterie, mais aussi d'éléments d'appui, que ce soit de l'appui au combat - des artilleurs de Brasschaat ou du génie d'Amay - ou des logisticiens du 4e bataillon logistique de Marche-en-Famenne. La dimension logistique est capitale", car elle permet au détachement d'être autonome sur le terrain, a insisté Pierre Gérard.
"Des soldats bien équipés"
De nombreux camions, entre autres dédiés à la logistique, sont d'ailleurs stationnés sur un vaste parking du camp roi Albert. À côté d'eux, des blindés, tels que les véhicules de combat de type Piranha munis de canons de 30 ou 90 mm, d'autres Piranha pour le transport des troupes et l'appui au combat, des Dingo plus légers ou des véhicules de liaison Lynx quatre roues motrices.
Lundi, le président du syndicat militaire CGPM, Yves Huwart, déclarait dans la presse flamande que "nos militaires partent en Roumanie sans l'équipement adéquat". Selon lui, la compagnie n'a pas 20 Piranha en état de marche et ses armes antichars auraient déjà été promises à l'Ukraine…
"La composante n'a pas à rougir de son matériel", a répliqué le général-major Gérard, mardi. Il a garanti que les véhicules attribués au détachement sont prêts pour la mission. "Le soldat belge est l'un des mieux équipés sur le sol européen", a-t-il conclu.