"Pour un hiver sûr, la vaccination après l'été a du sens": Steven Van Gucht en faveur d'un rappel vaccinal anti-Covid
Le virologue Steven Van Gucht s'attend à de nouvelles vagues infectieuses dès l'automne.

- Publié le 04-06-2022 à 13h33

D'après le ministre fédéral de la Santé publique, Frank Vandenbroucke (Vooruit), il y a de fortes chances qu'une nouvelle campagne de vaccination à grande échelle contre le coronavirus ait lieu après l'été, a-t-il indiqué jeudi soir dans De Afspraak sur Canvas.
Toutefois, aucune décision définitive n'est actée pour le moment concernant la suite du calendrier vaccinal. Pour le virologue Steven Van Gucht, il faut s'attendre à une nouvelle campagne de vaccination dès l'automne. "On le voit dans nos chiffres, l'efficacité du vaccin diminue après quelques mois même si elle reste forte. C'est donc un très bon argument pour dire qu'il faut renouveler cette immunité et la restimuler avant l'automne, à une période où de nouveaux variants peuvent se développer. Il y a une combinaison de risques à ce moment-là, notamment beaucoup de gens malades et une charge importante sur notre système de soins ."
Les experts imaginent dès lors un rappel vaccinal annuel pour certains groupes de la population, à l'image de ce qui se fait pour le virus de la grippe. Afin d'anticiper la probable résurgence d'un variant plus coriace à l'automne, les autorités tablent sur une stratégie vaccinale de lutte contre le Covid-19 sur la base d'un scénario de réapparition périodique du virus, qu'elle estime le plus probable. "Si rien n'est encore tranché, il y a fort à penser que l'on recommande une vaccination à l'automne pour les personnes à risque de développer des formes graves. En faisant ainsi, on va réactiver notre immunité comme on le fait avec la grippe. C'est difficile à prévoir avec le Covid, mais je m'attends à de nouvelles vagues en automne et en hiver. À mon avis, on peut s'attendre à la même évolution qu'avec la grippe, donc un rappel annuel est une stratégie importante pour passer un automne et un hiver le plus normaux possible", explique-t-il.
Trois groupes prioritaires
Pour anticiper l'avenir de la pandémie, la task force vaccination a établi une stratégie vaccinale en fonction de la gravité de la situation épidémique via trois scénarios. Dans le scénario du pire, avec l'apparition d'un nouveau variant plus virulent, une vaccination annuelle généralisée avec des vaccins actualisés serait nécessaire. "La task force et le Conseil supérieur de la santé planchent sur les différents scénarios et communiqueront le plan de bataille dans les semaines à venir, il n'y a pas encore de décisions à ce stade. Concernant la population générale, il y a encore certains éclaircissements à apporter et on ne sait pas encore comment l'organiser, précise Van Gucht. Pour moi, il faudra clairement placer en priorité les groupes à risques, donc l'idée de proposer un rappel serait du bon sens. À plus large échelle, on pourrait proposer une recommandation pour certains groupes d'âge (comme les 65 ans et plus), des groupes pour lesquels il est fortement recommandé de se faire vacciner. Mais soyons clairs, pour la population générale, cela dépendra de l'évolution du virus, on ne peut rien dire avec certitude aujourd'hui."
"Surveiller l'évolution des variants"
En Belgique, tous les chiffres de l'épidémie de Covid-19 sont à la baisse.
Entre le 24 et le 30 mai, 1 310 nouvelles contaminations au Sars-CoV-2 ont été dépistées en moyenne par jour, en baisse de 36 % par rapport à la semaine précédente, d'après les chiffres publiés par Sciensano ce vendredi. Concernant les hospitalisations, elles sont en baisse de 28 %. Une évolution positive attendue par les experts, qui regardent désormais vers l'hémisphère Sud, où l'hiver va débuter. "Il faudra veiller à surveiller l'évolution des variants, indique Steven Van Gucht. Pour le moment, on reste heureusement dans la famille Omicron avec BA4 et BA5 et on voit que le virus continue d'évoluer. Dans un mois ou deux, il est bien possible qu'il y ait un autre variant avec de nouvelles propriétés. On devra alors suivre ça de près." Chez nous, les derniers sous-variants de la famille Omicron commencent peu à peu à s'installer, près d'une personne sur quatre est d'ailleurs infectée par une des deux souches actuellement. "C'est normal et cela ne nous étonne pas car ils seront dominants dans quelques semaines, poursuit-il. Il n'est pas dit pour autant que cela causera de grands problèmes dans les semaines à venir. Toutefois, on peut s'attendre à une hausse des infections d'ici là, mais il est à ce stade improbable qu'ils causent des soucis sur nos soins de santé, les chiffres peuvent augmenter, mais on ne prévoit pas de vagues virulentes dans les semaines à venir."
