Première hausse des contaminations au coronavirus en Belgique depuis plusieurs semaines: faut-il s'inquiéter ?
Plus contagieux mais moins dangereux, les sous-variants BA4 et BA5 pourraient causer une hausse des infections dans les semaines à venir.

- Publié le 09-06-2022 à 11h01
- Mis à jour le 09-06-2022 à 11h08

Les nouvelles infections au Covid-19 sont à la hausse en Belgique, ce qui n'était plus arrivé depuis plusieurs semaines. D'après les chiffres publiés par l'Institut de santé publique Sciensano ce mercredi matin, 1 585 nouvelles contaminations au Sars-CoV-2 ont été dépistées en moyenne par jour, soit une augmentation de 21 % par rapport à la semaine précédente.
Au-delà de la fin du port du masque et de la reprise d'une vie sociale "normale", cette légère reprise épidémique est également liée à la circulation des sous-variants d'Omicron BA.4 et BA.5. "C'est un peu tôt pour parler de rebond épidémique mais ça ne m'étonnerait pas qu'on entre dans une période où on assiste à une hausse des infections, indique le virologue Steven Van Gucht. S'ils ne sont pas plus dangereux, ils sont en moyenne 10 % plus contagieux que le BA.2 et on voit que ces sous-variants prennent le relais depuis quelques semaines. Maintenant, ils représentent 50 % des infections et on a vu dans le passé que quand un variant arrivait à ce stade, cela pouvait avoir un impact sur la courbe. Ici, on est arrivé à ce point, on voit donc que le chiffre des contaminations ne diminue plus et qu'au contraire, il semble augmenter."
À côté de ce rebond, les hospitalisations et les décès sont toujours en baisse. En Afrique du Sud ou au Portugal, où ces sous-variants ont déjà largement pris le dessus, on constate que les chiffres d'hospitalisations sont restés sous contrôle.
Zéro décès d'ici un mois ?
Et en France, une hausse modérée de contaminations au Covid-19 est observée depuis plusieurs jours. Un début de rebond surveillé de près, sans pour autant que le système hospitalier ne soit inquiété à ce stade. "Grâce à notre immunité développée avec les vaccins et les multiples infections, la sévérité et les complications sont beaucoup plus faibles que par le passé, poursuit-il. C'est pour cela que nous ne sommes pas très inquiets même s'il est tout à fait possible de voir une hausse des infections dans les semaines à venir. Dans d'autres pays où les sous-variants sont plus avancés (comme au Portugal, NdlR), on a vu des hausses au niveau des hospitalisations et des décès mais c'est resté tout à fait gérable, ce n'est pas comparable avec les vagues précédentes. À côté de ça, il est également possible que le long week-end ait pu perturber le système de testing."
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À quinze jours du début de l'été, les experts s'attendent davantage à une "vaguelette estivale", qui pourrait durer un mois, voire un mois et demi, qu'à des vagues de contaminations comme dans le passé. Autre facteur, ces cousins d'Omicron échappent un peu mieux à l'immunité post-vaccinale, il est donc probable de voir cette recrudescence de nouveaux cas se poursuivre dans les semaines qui viennent. Pour l'expert, il est ainsi "très difficile de prédire l'ampleur" de cette vague. "On peut s'attendre à une reprise des cas, sans reprise forte des hospitalisations, précise Van Gucht. Elle peut durer jusqu'à mi-juillet voire début août et diminuer par la suite. On ne cherche d'ailleurs pas à ralentir au maximum la courbe car il n'y a pas de risques pour notre système de soins. Toutefois, la prudence doit rester de mise pour les gens les plus vulnérables, sachant qu'actuellement, il y a environ 5 voire 6 décès par jour. On peut espérer atteindre le zéro décès d'ici un mois, c'est possible mais ce n'est pas garanti car le virus continue de circuler. Nous ne sommes pas encore dans une situation endémique comme on a pu parfois le dire avec le variant omicron, ce n'est pas comme avec la grippe car le Covid reste malgré le printemps."
