Une nouvelle vague de Covid-19 en automne à cause du variant Centaure? "Je conseille vivement à tous ceux qui peuvent se vacciner de le faire"
D'après Tom Wenseleers, biostatisticien à la KU Leuven, le sous-variant BA.2.75 croît plus lentement et a un avantage moindre dans les pays où BA.5 a provoqué une grosse vague auparavant, comme en Belgique.

- Publié le 30-07-2022 à 08h24
- Mis à jour le 30-07-2022 à 08h25

En Belgique comme dans la plupart des pays européens, la septième vague de Covid-19 est en recul. Chez nous, Sciensano a indiqué ce vendredi que le nombre de nouveaux cas rapportés a continué de diminuer (- 35 %) comparé à la période précédente de sept jours et le pourcentage de tests positifs a culminé vers le début du mois de juillet. Cette vague estivale était attendue et a été entraînée par le sous-variant BA.5 d'Omicron qui a été détecté pour la première fois en Afrique du Sud fin février de cette année, et qui a la capacité de briser une partie de l'immunité accumulée par la vaccination ou via les infections antérieures.
Dans d'autres pays, comme le Japon, cette vague causée par le sous-variant BA.5 provoque une augmentation inédite des cas et des hospitalisations, en combinaison avec la plupart des autres mesures ayant été levées. "Depuis Omicron, chaque vague s'est en fait transformée simplement par l'immunité collective plutôt que par la vaccination ou la mise en œuvre de mesures spécifiques, et après avoir infecté une grande partie de la population, davantage de personnes deviennent alors immunisées, ce qui fait que le virus finit par ne plus en trouver suffisamment de susceptibles", indique Tom Wenseleers, biostatisticien à la KU Leuven et expert mondialement reconnu. Cela provoque une nouvelle baisse de la vague, jusqu'à ce qu'une nouvelle variante apparaisse qui puisse briser une partie de cette immunité précédemment construite. Chacune des sous-variantes ultérieures d'Omicron a donc été ce que l'on appelle des variantes d'évasion immunitaire."
Selon lui, on estime que le variant original d'Omicron BA.1 a infecté plus de la moitié de la population belge, tandis que pour le BA.5, ce sera probablement environ un tiers de la population. "Nous extrapolons à partir des données britanniques, où ils ont le plus de données détaillées disponibles, explique-t-il. Pour la vague estivale actuelle alimentée par BA.5, on s'attend à ce qu'à partir de maintenant, elle soit terminée et continue de décliner rapidement. Le pic est désormais derrière nous."
"Le vaccin reste la meilleure arme contre les formes graves"
D'après le biostatisticien, malgré de grands volumes d'infection, la probabilité que quelqu'un se retrouve en soins intensifs ou meurt du virus va continuer de diminuer au fil du temps. "Cela est dû à toute l'immunité accumulée par la vaccination ainsi qu'à l'infection naturelle. On s'attend à ce que ce modèle se poursuive. Seul un nouveau variant massivement différent pourrait bouleverser ce modèle, mais il n'y a aucune raison de croire que cela se produirait - actuellement, la plupart des nouvelles variantes semblent des descendants d'Omicron."
Actuellement, un nouveau sous-variant d'Omicron, BA.2.75 (dont le surnom officiel est Centaure), se répand en Inde et fait grimper les taux de positivité dans certains États. On s'attend donc à ce que d'ici l'automne, ce dernier venu entraîne une nouvelle vague chez nous. Mais dans le même temps, les données en Inde montrent également que chaque nouvelle vague d'hospitalisation Covid, entraînée par chaque nouveau sous-variant, devient de moins en moins forte. Par conséquent, on peut s'attendre à ce que l'impact de cette vague soit limité et plus faible que celui causé par BA.5 actuellement, avance l'expert, même s'il est encore impossible de déterminer la situation exacte d'ici quelques mois.
"Il apparaît également que BA.2.75 croît plus lentement et a un avantage moindre dans les pays où BA.5 a provoqué une grosse vague auparavant, et cela inclut la Belgique. Je pense donc que même si nous verrons très probablement une vague à l'automne (également en raison du déclin de l'immunité, pas seulement de nouveaux variants), l'impact sur notre système de santé sera limité. Et pour ne pas avoir de mauvaises surprises, je conseille vivement à tous ceux qui reçoivent une invitation pour une dose de vaccin actualisée d'aller s'en procurer : cela reste la meilleure protection contre les maladies graves."
