Pénurie inquiétante de médecins et spécialistes : "Les délais d'attente d'accès aux soins vont s'aggraver"
La Belgique compte 3,2 médecins pour 1.000 habitants, ce qui la classe parmi les pires pays de l'UE.

- Publié le 17-10-2022 à 07h10

Pour 2023 et sur base de la planification actuelle, la Fédération Wallonie-Bruxelles a le droit de permettre à 607 médecins diplômés d'entamer une spécialisation au terme de leurs 6 années d'études. Dans son dernier avis, la Commission de planification fédérale suggérait de réserver 266 places sur les 607 pour la médecine générale, soit 43,82 %.
Pour le Groupement belge des omnipraticiens (GBO), le minimum, et ce, quel que soit le nombre de diplômés l'été prochain, est d'obtenir que 50 % des diplômés s'orientent vers la médecine générale pour répondre aux besoins de la population. Un point sur lequel le ministre de la Santé s'est montré favorable.
Toutefois, cet objectif doit aller de pair avec une plus large réflexion autour de l'ensemble du système de soins. "Même si on atteignait ce pourcentage tout de suite, on sait qu'on n'en aurait pas assez, pointe du doigt Paul De Munck, président du GBO. Il ne faut pas perdre de vue que former un médecin prend neuf ans. Donc, si on ne prend pas la mesure tout de suite, on verra les effets dix ans après. Au plus vite on prendra les bonnes mesures et au plus vite on limitera les dégâts. Pour nous, ça ne va pas assez vite et assez loin. Face aux besoins, on a besoin de plus d'effectifs. Les autorités sanitaires répètent que la première ligne est la pierre angulaire de notre système de soins. Il est maintenant nécessaire de l'assumer."
"Face aux besoins, on a besoin de plus d'effectifs"
De plus, la Belgique compte 3,2 médecins pour 1 000 habitants, ce qui la classe avant-dernier pays de l'ensemble de l'Union européenne, le tout combiné à une démographie (pyramide des âges) qui fait partie des plus inquiétantes. Une situation qui risque d'aggraver l'accès aux soins.
"Si on ne s'attaque pas à ces délais d'attente inacceptables, ils vont s'aggraver, estime-t-il. Chez certains spécialistes, les délais peuvent atteindre plusieurs mois, comme chez le gynécologue et ce n'est pas normal. Il faut travailler pour réduire cela. La mission de la médecine générale ne peut pas consister à dire aux patients qu'on les verra dans une semaine. Il faut offrir une réponse dans les 48 heures maximum, pas dans 15 jours. Si cela se produit, c'est parce qu'on ne discute pas assez du partage des tâches. Si demain on dit qu'un frottis gynécologique peut se faire chez un généraliste pour désencombrer certains secteurs, alors il faut organiser le cabinet pour et il faudra aussi plus de médecins."
