"On a une quadruple épidémie qui sévit actuellement en Belgique, mais il y a aussi d'autres virus dont on ne parle pas"
Le virus du Covid-19 continue de circuler intensément et de provoquer de nombreuses infections en Belgique. Actuellement, le variant JN1 représente plus de 80 % des cas d'infection mais il n'est pas le seul virus à circuler actuellement.

- Publié le 15-01-2024 à 16h01
- Mis à jour le 15-01-2024 à 16h09

Après le covid et le RSV, la grippe est en train de gagner du terrain sur le tableau épidémiologique belge. L'incidence des consultations en médecine générale pour symptômes grippaux a augmenté de 234 consultations pour 100 000 habitants durant la première semaine de janvier.
Cette incidence des consultations pour syndrome grippal due à au virus de la grippe a dès lors dépassé le seuil épidémique et se maintient au-dessus de ce seuil depuis quinze jours. "On est en plein dans une phase ascendante et on peut s'attendre que ce soit le cas pendant 4 à 6 semaines avant de redescendre, confirme le virologue Steven Van Gucht. En ce moment, on voit que plusieurs virus circulent, ce qui est vraiment une phase typique du mois de janvier post-fêtes. Il y a beaucoup de virus, de rhumes et de syndromes grippaux".
Avant, il y avait deux grands virus hivernaux, la grippe et le VRS et maintenant il y en a trois avec le covid-19"
"La vague de covid la plus forte depuis un an"
En parallèle, le virus du SARS-CoV-2 continue de circuler intensément et de provoquer de nombreuses infections. Actuellement, le variant JN1 représente plus de 80 % des cas d'infection. L'OMS a qualifié la forme JN.1 de l'Omicron de "variant d'intérêt" en raison de sa propagation rapide. Le taux d'incidence à 14 jours pour la Belgique est de 46/100 000 habitants pour la période du 24 décembre 2023 au 6 janvier 2024, une tendance légèrement à la baisse même s'il est toujours difficile d'évaluer son évolution au vu faible suivi de l'épidémie.
"Ce qu'on peut dire, c'est que nous n'avions pas eu de pic similaire depuis un an, il faut retourner à la première vague Omicron pour retrouver un tel niveau de circulation du virus, indique-t-il. Cela est lié aux spécificités du variant JN.1 mais aussi au fait qu'il y a très peu de mesures et que tout fonctionne sur base du volontariat. Si les infections restent élevées, les hospitalisations sont toutefois moins importantes que dans le passé et la situation est gérable dans les hôpitaux".
Si la plupart des infections sont relativement bénignes, chez les personnes ayant une santé fragile ou âgée de plus de 65 ans, le virus peut encore entraîner des complications graves. "Pour eux, la vaccination reste notre principal moyen de défense. Il est important que les personnes à risque se conforment aux dernières recommandations en matière de vaccination contre le COVID-19, poursuit Van Gucht. Le vaccin actuellement disponible sur le marché renforce notre immunité contre toutes les variantes de la COVID-19 et réduit le risque de complications graves en cas d'infection, y compris avec la nouvelle variante JN1".
Le nombre d'infections à Mycoplasma pneumoniae explose
Au rayon des bonnes nouvelles, on apprend que le nombre de tests de laboratoire positifs pour le RSV est passé sous le seuil épidémique. Si elle reste élevée, la circulation du covid-19 est également en train de diminuer et le pic semble avoir été atteint.
Par contre, les médecins et le personnel médical alertent d'une recrudescence de pneumopathies, avec le nombre de cas qui augmentent. Un virus qu'on nomme le mycoplasme, une infection pulmonaire chez les enfants et les jeunes adultes qui s'étaient dernièrement répandue en Chine et aux États-Unis.
Le nombre d'infections à Mycoplasma pneumoniae a augmenté chez nous jusqu'à la fin du mois de décembre et commence à peine à diminuer mais reste à un niveau élevé. Parmi les symptômes, on peut citer le mal de gorge, de la fatigue, de la fièvre modérée à élevée et une toux qui s'aggrave lentement (qui peut être purulente) et qui peut durer plusieurs semaines.
"On n'avait pas eu de vague aussi importante avec ce virus depuis une dizaine d'années, rapporte le virologue de Sciensano. Il touche des gens en bonne santé et peut causer une pneumonie chez les enfants ainsi que des troubles de la respiration. On espère donc que le pic est derrière nous car cela peut causer des troubles de la respiration assez importants et ça peut durer plus longtemps qu'une infection classique. De manière générale, on a donc une quadruple épidémie qui sévit actuellement dans le pays mais il y a aussi d'autres virus dont on ne parle pas. Avant, il y avait deux grands virus hivernaux, la grippe et le VRS et maintenant il y en a trois avec le covid-19. Les pics ne sont pas toujours synchronisés donc il faut bien suivre l'évolution épidémiologique". Côté recommandation, on peut rappeler l'importance de rester chez soi lorsqu'on présente certains symptômes, porter un masque selon les situations et veiller à assurer une bonne ventilation des lieux quand on se rassemble en famille ou entre amis.
