"The Life Of a Showgirl" : Taylor Swift offre un nouvel album court et plein d'énergie
Entre nouveaux sons et introspection, la reine de la pop Taylor Swift réussit un nouveau tour de force

- Publié le 03-10-2025 à 08h36
- Mis à jour le 03-10-2025 à 18h35

"J'ai cette formule magique pour la musique, confiait Taylor Swift au magazine USA Today en 2000. Si je continue à écrire des chansons sur ma vie et que ma vie change sans cesse, ma musique évoluera aussi au fil de mes albums". Elle avait vu juste.

"The Life Of a Showgirl", son douzième album, disponible sur toutes les plateformes depuis 6h ce vendredi 3 octobre, prend le contrepied de "The Tortured Poets Departement", son opus aux ambiances tourmentées parues en avril 2024. Composé de douze chansons pour une durée de 41 minutes et 40 secondes, il s'agit de son disque le plus court depuis l'inaugural "Taylor Swift" en 2006.
Enregistré principalement en Suède durant le volet européen de sa tournée Eras Tour en 2024, "The Life Of a Showgirl" puise son énergie dans l'euphorie qui baignait alors la chanteuse, désormais fiancée au footballeur américain Travis Kelce.
Max Martin le hitmaker

Comme son titre le suggère, "The Life of a Showgirl" nous plonge dans les coulisses de la princesse country devenue reine incontestable de la pop. "L'album est né dans la période la plus joyeuse, la plus folle et la plus intense de ma vie", précise-t-elle. Et cette effervescence traverse les douze morceaux. Pour sublimer cette extase, Taylor Swift a fait appel au duo de producteurs suédois Max Martin et Shellback, déjà à l'œuvre sur les blockbusters "Red" (2012), "1989" (2014) et "Reputation" (2017).

Les chansons, majoritairement up-tempo, légères dans leurs sonorités, immédiates et résolument autobiographiques sont traversées d'électro et de refrains imparables. The Fate Ophelia, qui ouvre l'album, est une référence à Ophélie, l'héroïne shakespearienne d'Hamlet. Elisabeth Taylor, qui suit, marque une deuxième allusion à l'icône britannico-américaine après le single "…Ready Fot It ? en 2017.

Le premier tube évident du disque tombe avec Opalite, pépite pop au refrain entêtant mêlant rythmes sixties, sonorités contemporaines et "ooh ooh ooh". Imparable. Belle surprise également avec le mash-up Father Figure, hommage à la ballade R & B du même nom que George Michael avait hissé au sommet des charts en 1980. La production, très eighties, en accentue la nostalgie.
"I'm not a bitch"
Placée judicieusement au coeur de l'album, Eldest Daughter est une autre perle. "I'm not a bitch", chante Taylor Swift sur cette ballade introspective portée par un piano onirique. "Je ne vais pas te laisser tomber", poursuit-elle sur le ton de la confidence qui rappelle la franchise de son chef-d'œuvre All Too Well, sauf qu'ici, la narratrice nage en plein bonheur.

Wish List est une jolie rengaine pop qui raille le matérialisme et des éternels insatisfaits. Un titre que les Swifties, le surnom des fans de la chanteuse, se chargeront sans doute de décortiquer pour en extraire des significations cachées.
Funk et guitare électrique

On succombe aussi aux ambiances funky de Wood : guitares électriques, grosse basse, batterie sexy et gimmick insidieux qui cite Knock On Wood, le tube soul d'Eddie Floyd et Steve Cropper écrit en 1967. Tout aussi imparable, CANCELLED ! évoque l'époque "Reputation", celle où Taylor Swift sortait les crocs. Cerise sur le gâteau de cet album en forme de juke-box : la plage titulaire The Life Of a Showgirl, ballade pop vaporeuse chantée avec sa copine Sabrina Carpenter. Carton plein !
Taylor Swift, The Life Of a Showgirl, Republic/Universal
Max Martin, le hit-maker
Le point commun entre "Shake It Off" de Taylor Swift, "Blinding Lights" de The Weeknd, "… Baby One More Time" de Britney Spears et "I Kissed a Girl" de Katy Perry ? Tous ces tubes ont été composés et/ou réalisés par Max Martin. De son vrai nom Karl Martin Standberg, ce Suédois de 54 ans installé sous les palmiers de Californie est le "hit maker" le plus bankable des quatre dernières décennies. Il est crédité comme auteur-compositeur sur vingt-sept titres classés n°1 au Billboard, le hit-parade des ventes (et des streamings) aux Etats-Unis. En janvier 2024, Max Martin a dépassé le "cinquième" Beatle George Martin dont le compteur s'était arrêté à vingt-cinq chansons au sommet.
De Britney à Taylor
Et si Taylor Swift l'a sollicité pour coréaliser The Life Of a Cowgirl, ce n'est pas un hasard. Max Martin avait déjà épaulé la chanteuse en 2011, avec son compatriote Shellback, dans sa transition de la country à la pop avec l'album Red. Les disques 1989 (en 2014, avec les titres "Shake It Off", "Blank Space", "Bad Blood", "Welcome To New York" ou encore "Style") et "Reputation" (en 2017 avec "… Ready For It" et "Look What You Made You Do") ont poursuivi cette collaboration, avec le succès que l'on connaît. Après une série d'enregistrements aux ambiances plus mélancoliques, comme Midnights en 2022 et The Tortured Poets Departement en 2024, miss Swift l'a recontacté pour orchestrer son retour à une pop plus énergique.
La recette de Max Martin ? Barbe noire, chevelure de métalleux et plutôt du genre discret, ce natif de Stenhamra, dans la banlieue de Stockholm, a toujours cultivé une approche musicale sans oeillères : apprentissage du cor à l'école, découverte du classique grâce à ses parents, virage rock tendance dure encouragé par son frère et le groupe metal Its Ali qu'il fonde à la post-adolescence. Dès 1992, il s'ouvre au monde de la pop en réalisant des singles pour les horribles Ace Of Base (le faux reggae "All That She Wants", vous vous souvenez ?) et les encore plus affreux Army Of Lovers.
Son premier succès avec le boysband Backstreet Boys, à l'aube des années 2000, lui ouvre les portes des Etats-Unis. Ses tubes se ressemblent sans jamais être identiques : un beat efficace, des boucles mélodiques entêtantes où des instruments organiques se fondent dans l'électro ainsi que des paroles (même quand il ne les écrit pas, comme pour Taylor Swift) qui collent au rythme.
Entre les Backstreet Boys et avant Taylor Swift, Max Martin a collaboré avec Britney Spears, Robyn, Katy Perry, Avril Lavigne, Adele, Marron 5 ou encore Ariana Grande. Lauréat du Polar Music Prize – la plus haute distinction musicale suédoise-, il reconnaît volontiers que la chance a souvent joué un rôle dans son parcours. "Un soir, juste avant de me coucher, j'ai enregistré sur un dictaphone la phrase "Hit me baby one more time". Le lendemain, j'ai failli effacer la bande avant de réécouter." La chanson qui allait devenir le premier numéro 1 de Britney Spears est née de ces quelques mots…
