Voici les secteurs qui vont recruter à tour de bras cette année
Sur le marché de l'emploi, l'optimisme est de mise dans de nombreux domaines d'activité.

- Publié le 02-01-2023 à 11h00

Sur le marché du travail, l'année 2022 a été fortement perturbée. Si les six premiers mois ont été marqués par un taux de recrutement très important, la crise de l'énergie a par la suite plongé de nombreux secteurs dans l'incertitude la plus totale. Dans un contexte économique de plus en plus inconstant marqué par les tensions géopolitiques, et avec une pression accrue sur les coûts et une inflation croissante, les employeurs belges ont dû faire preuve de résilience en maintenant le cap dans le domaine de l'emploi.
Et lors du quatrième semestre de l'année qui vient de s'écouler, les différents rapports montrent un ralentissement de l'activité économique, ce qui s'est ressenti sur le marché du travail avec une diminution des offres d'emploi. De nombreuses entreprises ont en effet décidé de postposer leur recrutement au vu de la situation actuelle. "Sur base des contacts avec nos clients et d'après nos études, on sera également sur un ralentissement des engagements en ce début d'année mais au sein d'un marché qui engage toujours, note Sébastien Delfosse, managing director de ManpowerGroup BeLux. C'est également le message qui revient du côté de la Banque nationale belge, on se retrouve alors dans un rythme lent mais pas pour tous les secteurs. Au début de l'année 2022, les engagements étaient très importants mais aujourd'hui, les coûts liés à l'énergie restreignent de nombreuses entreprises, je crains donc qu'on reste dans un marché ralenti mais avec une demande qui reste toutefois présente." Paradoxalement, la pénurie de main-d'œuvre s'amplifie dans de nombreux secteurs. Confrontés à des manques de personnel sans précédent qui touchent plus de trois employeurs sur quatre en Belgique d'après les dernières études du Groupe Manpower, les employeurs sont prêts à prendre le risque de recruter.

Une pénurie de main-d'œuvre qui s'installe dans certains secteurs
D'après les prévisions les plus optimistes, une reprise de la croissance serait attendue dans la deuxième partie de l'année.
"Nous n'avons pas de boule de cristal mais d'après nos enquêtes et les derniers rapports de la Banque nationale de Belgique, le PIB devrait repartir en très légère croissance lors du premier trimestre 2023, indique-t-il. D'un autre côté, il y a d'autres rapports plus prudents mais nous pensons effectivement que la deuxième partie de l'année 2023 sera plus soutenue en termes de croissance. Il est d'ailleurs possible que le point d'inflexion (ce moment où le marché devrait reprendre) ait lieu en mars-avril, tout le monde s'accorde à dire que la deuxième partie de l'année sera plutôt le signe d'une reprise de la croissance et donc d'une hausse plus forte des offres d'emploi."
Certains secteurs prévoient d'ailleurs de recruter de manière intense dès les premiers mois de l'année. On pense notamment à des domaines d'activité moins impactés par les coûts de l'énergie comme la finance, les assurances et l'IT. "Et en parallèle, on voit aussi des secteurs qui, malgré le ralentissement de la croissance économique, se retrouvent avec de fortes pénuries de main-d'œuvre, ajoute Sébastien Delfosse. On pense notamment au transport (De Lijn recrute par exemple 900 chauffeurs d'ici 2023), à la logistique, la mécanique, la construction, l'Horeca et le tourisme."
En déficit d'attractivité après la pandémie, qui impacte toujours nos hôpitaux et notre première ligne, les soins de santé sont également à la recherche de bras, notamment du côté des infirmiers, des aides-soignants, des technologues, des logopèdes et des médecins généralistes. Du côté de la SNCB, d'Infrabel et de l'armée, les métiers techniques sont également très demandés.