Pas de wi-fi gratuit dans les trains SNCB en raison des coûts excessifs
La SNCB a indiqué que l'installation du wi-fi gratuit dans ses trains engendrait des coûts excessifs.

- Publié le 08-05-2018 à 06h54
- Mis à jour le 08-05-2018 à 11h29

Les usagers du train amateurs de séries en streaming vont être déçus : le wi-fi gratuit dans les trains belges, ce n'est pas pour demain. Et pourtant, la Société nationale des chemins de fer belges avait réalisé des tests, notamment sur la ligne Eupen-Ostende.
Deux wagons étaient alors équipés de wi-fi et les résultats étaient très positifs. Mais apparemment cela ne se concrétisera jamais. Pour le moment. Le problème ? Une question de coût. L'installation du wi-fi coûterait environ 300.000 euros par rame. La société de chemin de fer belge demeurera donc en retard par rapport à ses homologues des Pays-Bas, du Royaume-Uni, des pays scandinaves et même de Chine ou d'Inde.
Dans ces pays, les trains sont équipés depuis longtemps du wi-fi. Et depuis quelques années, la France s'est également mise au wi-fi. Différentes lignes de TGV proposent par exemple un réseau wi-fi gratuit auprès de ces voyageurs, c'est le cas pour l'axe Paris-Lyon, Paris-Lille et depuis peu Paris-Bordeaux.
Si la Belgique s'était penchée de près sur le sujet en 2016, annonçant même ses premiers véhicules connectés dès la fin 2017, la présence d'Internet pour tous dans les trains a fait marche arrière depuis. "La SNCB a fait savoir qu'elle ne souhaitait pas investir au niveau du wi-fi dans les trains parce que cela engendrait des coûts excessifs" a précisé le ministre de la Mobilité, François Bellot, suite à une question parlementaire sur le sujet.
La compagnie ferroviaire n'a donc pas encore trouvé le modèle économique (satisfaisant pour tous) et ne peut pas encore étendre ce service à tout le réseau, pourtant l'idée de pouvoir profiter d'une connexion Internet régulière tout en prenant le train est un projet qui trotte dans la tête de la SNCB depuis quelque temps.
Alors que les opérateurs de télécommunications auraient confirmé que le réseau ferroviaire serait entièrement couvert par la 2G, 3G et 4G d'ici la fin de l'année 2018, le ministre a fait également savoir que la couverture 2G, 3G et 4G des lignes ferroviaires n'a cessé de s'améliorer au cours des dernières années.
D'ailleurs, Infrabel et la SNCB ont réalisé des campagnes de mesurage afin d'évaluer la qualité de la couverture. "Mais pour ce qui est de la communication, à propos de possibles actions d'amélioration afin d'augmenter le taux de couverture... Ce n'est pas du ressort de la SNCB, ni d'Infrabel, mais cela incombe aux opérateurs de télécommunications" précisait le ministre dans sa réponse.
"La priorité doit se porter sur l'amélioration des trains et des infrastructures"
Même si la SNCB est entrée depuis quelques années dans un processus de modernisation, le wi-fi semble être pour le moment laissé de côté. "On peut comprendre l'argument de la rigueur budgétaire imposée à la SNCB. Mais c'est toujours pareil avec la SNCB. Elle en a fait la promotion pendant des années. Les tests étaient concluants, on y avait pris goût et ça ne s'est finalement pas fait. C'est donc forcément une forme de déception au final" regrette Gianni Tabbone, porte-parole de l'ASBL navetteurs.be.
Le président de l'association des navetteurs se demande aussi si l'installation du réseau wi-fi doit être une priorité au vu du retard pris par la SNCB concernant d'autres chantiers.
"Le wi-fi n'est peut-être plus une nécessité au vu de la démocratisation des tarifs du data aujourd'hui. Par contre, la SNCB doit veiller à bonifier la couverture du réseau, notamment en 3G et 4G, dans des zones et des gares moins desservies où il y a peu ou pas de personnel. Après, c'est sûr que la priorité doit se porter sur l'amélioration des trains et des infrastructures. Il faut tout faire pour rendre meilleur le quotidien des voyageurs."
