Lieven Vanlommel, le précurseur de la nourriture saine : "À 20 ans, je réalisais un chiffre d'affaires d'un million d'euros"
Lieven Vanlommel a lancé le concept voilà plus de 20 ans. Le succès a été fulgurant.

- Publié le 04-12-2020 à 14h05

Libre Eco week-end | Le face et profil
Il est un peu plus de 9 heures du matin. La journée de travail de Lieven Vanlommel est déjà bien entamée. Cette nuit, il s'est levé à 2 heures. Il est généralement au bureau vers les 3-4 heures. Des journées de 20 heures. Cinq jours par semaine depuis le début de la pandémie. Avant, c'était six. "Je ne dois pas me lever aussi tôt. C'est tout simplement que je veux me lever tôt. J'ai tellement d'idées, d'ambition et de passion que j'ai besoin de temps pour réfléchir et travailler mes projets."
Cette passion, c'est la volonté de proposer une nourriture saine. Ce n'est plus vraiment original en 2020. C'était, par contre, novateur voilà 20 ans, quand ce jeune homme à peine sorti de l'adolescence s'est lancé. "À l'époque, il y avait 4% de personnes qui voulaient manger sainement."
Cette passion de la nourriture saine, il la puise dans ses racines familiales. Lieven Vanlommel est en quelque sorte tombé dans la marmite dès l'enfance. "Je suis né dans les légumes sains et l'alimentation saine."
Dans son bureau, une vieille photo d'un vieux camion. Son arrière-grand-père était dans le commerce des légumes. Son père était livreur de légumes, notamment dans le magasin familial où travaillait sa future mère, dont les parents possédaient trois établissements.
ADN
Avec cet ADN, la carrière d'entrepreneur dans la nourriture était-elle toute tracée ? Elle le fut, grâce à ses idées. "Je savais ce que le client voulait", explique-t-il tout simplement.
Sa maman préparait déjà, dans les années 90, des salades de légumes. "Après mes études d'hôtellerie, j'ai eu l'idée de transformer ces salades en vrais repas en ajoutant, par exemple, un peu de poulet ou de saumon. Ces légumes devenaient plus qu'une salade."
Lieven Vanlommel ouvre un premier salad bar à Anvers. "Il faisait à peine 20 m2." Deux autres suivent rapidement. "À 20 ans, j'employais une trentaine de personnes et je réalisais un chiffre d'affaires d'un million d'euros."
Cette salade saine, il la propose en 2003 au festival… rock de Werchter. "C'était une première." La société StarMeal est née, avec ensuite des dizaines de références chez Carrefour, Delhaize et Colruyt.
Ce sont les premières exportations à partir de 2011 dans les Monoprix de Paris. "Nous vendons plus de repas que McDo à Paris." C'est aussi la reprise de Foodmaker en 2014, qui compte actuellement 11 restaurants en Belgique.
Lieven Vanlommel enchaîne donc les succès. La première chaîne de production de 800 m2 passe à 4 000 m2 en 2013 avec un déménagement vers Westerlo et à 20 000 m2 en 2016, cette fois sur deux niveaux pour tenir compte de la croissance future. "Le 2e étage devait ouvrir en mars avec une nouvelle chaîne de production, et puis…".
Et puis, patatras. Avec la crise du Covid, le conte de fées est à deux doigts de s'écraser en une faillite retentissante. Le business s'effondre d'un seul coup, avec le quasi-arrêt des vols de Brussels Airlines (20 % du chiffre d'affaires) ou encore la fermeture des restaurants (20 % du chiffre d'affaires). Le site ne prépare plus que 10 000 repas par jour, contre 70 000 auparavant. Sur l'année, le chiffre d'affaires devrait chuter de moitié.
Aux abois
Foodmaker est aux abois sur le plan financier. Les banques sont sceptiques. Liven Vanlommel sauve la situation grâce à des contrats de 5 ans avec Monoprix et Albert Heijn et de 8 ans avec Delhaize. Le carnet de commandes est assuré pour cette activité.
Surtout, la pandémie a été l'occasion pour Foodmaker de se réinventer avec la livraison à domicile, au succès fulgurant. Ce repositionnement rapide lui vaut le prix Mercure décerné par ses pairs de la distribution.
C'est aussi l'occasion de se pencher sur le processus de fabrication. "L'argent n'est pas important pour moi. Tant que je pouvais payer mes factures, j'étais content. Mais avec la crise (chaque euro comptait), j'ai regardé ce que je faisais bien et moins bien et je suis allé chaque jour dans les lignes de production." Cet examen lui a permis de gagner 50 % de productivité.
L'optimisme, en tout cas, est de nouveau de mise : un deuxième Foodmaker va ouvrir à Paris avec aussi des perspectives de développement de salad bars dans les Franprix ; ce sera aussi un nouveau Foodmaker par mois en Belgique en 2021… Les idées et les projets ne manquent pas.
Quelques dates :
26 juillet 1978 : naissance de Lieven Vanlommel. Il fait ses études au Collège des Jésuites de Turnhout et puis à l'école hôtelière Ter Duinen de Coxyde.
1996 : il ouvre son premier salad bar. En 2004, il lance StarMeal et reprend Foodmaker en 2014.
