"Début octobre, il y avait encore quelques craintes": la météo épargne tout de même les patates belges, bonne nouvelle pour les frites
La semaine de la frite est de retour avec une excellente nouvelle : la production est de qualité.

- Publié le 07-11-2024 à 08h49
- Mis à jour le 07-11-2024 à 09h53

Tel le beaujolais nouveau, la semaine de la frite est une habituée du mois de novembre. Mais ici, pas de coup marketing pour vendre un produit dont la qualité n'est pas forcément le principal atout. "Il s'agit de mettre en exergue ce patrimoine si typiquement de chez nous, un patrimoine gustatif et culturel pour un produit qui semble tellement simple et qui part d'un légume banal", a rappelé Bernard Lefèvre, président de l'Unafri (Union nationale des frituristes), lors de la présentation de cette semaine de la frite qui débute ce vendredi.
Qui dit frite dit forcément pomme de terre. La bintje est bien entendu la plus propice à donner les meilleures frites. C'est la favorite des friteries, pour son goût, pour son croustillant, et pour sa couleur. Mais ce n'est pas la favorite des agriculteurs "car elle n'est pas la plus productive et est très sensible à tous les ravageurs", souligne Pierre Lebrun, représentant de la Fiwap (Filière wallonne de la pomme de terre). La bintje représente encore à ce jour entre 4 et 5 % de la production belge.
Les agriculteurs préfèrent des variétés plus robustes, qui sont alors transformées en frites surgelées et engloutissent quelque 80 % du total de la production. Les chiffres sont sans appel : 2,8 millions de tonnes de frites surgelées sont produites bon an mal an, contre entre 250 et 300 000 tonnes de frites fraîches. C'est aussi 700 000 tonnes de chips ou encore de croquettes.
45 tonnes par hectare
Malgré les craintes nourries en début de saison, tout s'est finalement bien passé dans les champs. Les agriculteurs ont bien entendu dû s'adapter à une météo pluvieuse. "Les plantations ont eu lieu jusqu'à début juillet, ce qui est tout à fait inédit. Début octobre, il y avait encore quelques craintes". La météo des dernières semaines a toutefois permis l'arrachage dans de bonnes conditions. "Cela va encore se poursuivre pendant quelques jours en Wallonie".
Les résultats sont toutefois là : "la production totale belge devrait être de 4,5 millions de tonnes, soit un chiffre très semblable à 2023. C'est un rendement moyen de 45 tonnes par hectare".
Reste, comme pour le beaujolais nouveau, à déterminer la qualité de la production. "Elle est très, très correcte, poursuit Pierre Lebrun. Les pommes de terre n'ont ni trop peu, ni trop de matières sèches. De quoi faire de très bonnes frites".
Cette semaine de la frite permet en tout cas de mettre en valeur un produit bien de chez nous. "Elle permet de valoriser nos filières locales. Cet ancrage local est très important pour le consommateur", ajoute Philippe Mattart, directeur général de l'Agence wallonne pour la promotion d'une agriculture de qualité (Apaq-W), qui soutient cette campagne annuelle.
La Wallonie consacre quelque 45 000 hectares à la culture des pommes de terre, sur un total de 100 000 hectares pour l'ensemble de la Belgique. "C'est une hausse de 10 % en Wallonie". Entre 85 et 90 % de la production belge est destinée à l'industrie, qui la transforme donc essentiellement en frites. Et 90 % de cette production est exportée aux quatre coins du monde.
