"Cela doit se faire par la force" : des hauts responsables de l'administration Trump pousseraient pour chasser Maduro du pouvoir au Venezuela
Un mouvement d'opposition vénézuélien affirme avoir rencontré des responsables de Washington pour organiser le démantèlement de la "structure criminelle" de Maduro.

- Publié le 30-09-2025 à 14h58
- Mis à jour le 30-09-2025 à 15h34

Depuis quelques semaines, la tension entre l'administration Trump et le régime de Nicolas Maduro ne cesse d'augmenter. Le président américain accuse le dirigeant vénézuélien d'être à la tête d'un vaste réseau de cartels de la drogue.
L'armée américaine a par ailleurs détruit plusieurs embarcations civiles vénézuéliennes suspectées de transporter de la drogue vers les Etats-Unis.
Selon le New York Times, plusieurs conseillers proches de Donald Trump le pressent de renverser Nicolas Maduro du pouvoir dans cet état d'Amérique du Sud.
Parmi ceux-ci, on retrouve Marco Rubio, le secrétaire d'État et conseiller à la sécurité nationale.
Selon le quotidien new-yorkais, l'ancien sénateur considère Nicolas Maduro comme "un dirigeant illégitime qui supervise l'exportation de drogues vers les États-Unis, ce qui représenterait une 'menace imminente'".
6500 soldats déployés
Alors que les Etats-Unis ont déjà frappé trois bâteaux vénézuéliens faisant au moins 17 morts, et ont massé 6500 soldats dans la région, Marco Rubio voudrait employer une stratégie encore plus agressive, sur base d'informations fournies par la CIA.
Le patron de l'agence de renseignements John Ratcliffe, ainsi que Stephen Miller, le principal conseiller de Donald Trump pour la politique intérieure, seraient sur la même longueur d'onde que Rubio.
De possibles opérations militaires sur le territoire vénézuélien seraient également étudiées par l'armée américaine, visant des suspects du trafic de stupéfiants, afin de perturber l'acheminement de la drogue et de "resserrer l'étau autour de Nicolas Maduro".
Des rencontres entre Washington et l'opposition vénézuélienne ?
Deux hauts responsables de l'opposition vénézuélienne affirment dans le même temps être en discussion avec l'administration Trump, afin de discuter du scénario en cas de chute de Maduro, ce que Washington ne confirme pas.
En mai dernier, le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio avait déjà rencontré plusieurs figures de l'opposition vénézuélienne, dont Maria Corina Machado, qu'il avait décrite comme la "Dame de fer vénézuélienne".
Le but de ces rencontres serait de préparer un plan post-Maduro, qui prévoirait un transfert rapide du pouvoir à Edmundo Gonzalez, exilé en Espagne depuis sa défaite électorale.
Candidat perdant aux élections présidentielles de 2024, lesquelles ont vu la réélection de Maduro dans des circonstances plus que suspectes, il est considéré par de nombreux observateurs comme le vainqueur légitime du scrutin.
"Cette affirmation est fausse"
Selon Pedro Urruchurtu, conseiller de Maria Corina Machado, ce changement nécessiterait l'usage de la force pour démanteler la "structure criminelle" du régime.
"Cela doit se faire par la force, car autrement il serait impossible de vaincre un régime comme celui auquel nous faisons face", a-t-il précisé.
Selon lui, ce recours à la force devrait être complété par un soutien international via des mesures diplomatiques, financières et de renseignement.
Le porte-parole adjoint du Département d'État américain, Tommy Pigott, a réagi : "Maduro n'est pas le dirigeant légitime du Venezuela, c'est un fugitif de la justice américaine qui menace la sécurité régionale et empoisonne les Américains. Nous voulons le voir traduit en justice", a-t-il déclaré.
"Les États-Unis mènent une opération contre les cartels de la drogue, et toute affirmation selon laquelle nous coordonnerions autre chose que cet effort ciblé est totalement fausse", a-t-il conclu.