Chaos à la Maison-Blanche, des proches du président inquiets: ce qui se cache derrière la volte-face de Donald Trump
Le président américain a d'abord exclu l'usage de la force pour s'emparer du Groenland, puis a écarté la mise en place de droits de douane. Derrière ce revirement, se cachent de longues discussions au sein du bureau Ovale...

- Publié le 22-01-2026 à 09h41
- Mis à jour le 22-01-2026 à 14h39

Pendant presque 1 heure 30, le président américain a réitéré, à la tribune de Davos, sa volonté de prendre possession du Groenland. Ce "gros bout de glace", comme il l'a appelé. Pour Donald Trump, il s'agit tout simplement de sécurité nationale. Même plus, si l'on en croit ses propos: il en va de la sécurité du monde entier. "Aucune nation ou groupe de nations n'est en mesure de protéger le Groenland, à part les États-Unis", a-t-il lancé, ce mercredi 21 janvier, soulignant la situation stratégique de l'île. Ces arguments, il les avait déjà présentés sous toutes leurs formes. Mais, par contre, au milieu de son discours, le locataire de la Maison-Blanche a laissé échapper une phrase qui, elle, n'était pas encore sortie de sa bouche: "Nous n'utiliserons pas la force pour arriver à nos fins au Groenland."
Restait toutefois la solution des droits de douane, que Donald Trump souhaitait imposer pour contraindre le Danemark et ses alliés à se plier à ses desiderata. Mais, quelques heures après son discours, il a également écarté cette option à la surprise générale, parlant des prémices d'un accord concernant le Groenland.
Des conseillers de Donald Trump à la manœuvre
En une demi-journée, Donald Trump a donc drastiquement adouci sa position. Les Européens, qui s'étaient préparés à un duel acharné, ont pu souffler. Et, en réalité, dans les couloirs de la Maison-Blanche aussi, le soulagement était de mise. Plusieurs conseillers du président ont toujours vu d'un très mauvais oeil les menaces du milliardaire vis-à-vis d'alliés de longue date pour mettre la main sur le Groenland. A vrai dire, selon nos confrères de l'agence Reuters, ce serait même ces hommes de l'ombre qui auraient joué un rôle décisif dans la volte-face de l'homme à la tête de la première puissance mondiale. Comme l'ont rapporté deux sources à l'intérieur de la Maison-Blanche, des membres clé de l'équipe du président se sont montrés dès le départ dubitatifs à l'idée d'envoyer des soldats américains au Groenland. De longues discussions ont eu lieu dans le bureau Ovale pour tenter de faire entendre raison au chef d'Etat. D'autant qu'à côté, régnait un véritable chaos dans les couloirs de la Maison-Blanche. Les annonces inattendues de Donald Trump sur les droits de douane ont forcé les employés et des agences spécialisées à élaborer un plan tarifaire de dernière minute et à en étudier les conséquences.
Faire changer d'avis Donald Trump, une affaire très compliquée
Les conseillers du président avaient également pris les devants en tentant au mieux d'apaiser les tensions sans froisser le dirigeant américain. Ceux-ci ont voulu rassurer les pays européens, qui n'ont toutefois pas hésité à montrer les dents en envoyant des soldats au Groenland. Ce qui a poussé les responsables américains à redoubler d'effort pour faire changer d'avis le milliardaire.
Interrogée par Reuters sur ces informations, la porte-parole de l'administration Trump a botté en touche: "La Maison-Blanche n'exclut aucune option pour le président, à moins qu'il ne le fasse lui-même", a répliqué Anna Kelly.
