En coulisses, la guerre en Iran divise le camp MAGA et Donald Trump doit "gérer plusieurs récits contradictoires"
La guerre au Moyen-Orient attise les tensions jusque dans l'entourage de Donald Trump. Selon Reuters, plusieurs conseillers influents tentent d'orienter la stratégie du président, provoquant des luttes d'influence en coulisses à la Maison Blanche.

- Publié le 13-03-2026 à 21h43
- Mis à jour le 14-03-2026 à 11h47

Depuis l'intervention américaine en Iran, la guerre au Moyen-Orient divise le camp MAGA.
Reuters révèle qu'une véritable lutte d'influence existe en coulisses entre les différents conseillers de Donald Trump. Chacun essaierait d'interférer auprès du président américain pour voir sa vision l'emporter.
Parmi eux, certains l'inviteraient à la prudence, rappelant le coût politique que pourrait avoir la hausse des prix de l'essence aux États-Unis.
D'autres conseillers, en revanche, inciteraient Donald Trump à "maintenir la pression militaire" sur l'Iran.
Ces jeux de pouvoir expliqueraient le discours fluctuant de Trump sur le conflit, lui qui s'était montré très ambitieux au lancement de la guerre, avant d'affirmer par la suite que la guerre était "quasiment finie", semblant limiter ses objectifs.
Un des derniers meetings du président américain, donné dans le Kentucky, illustre parfaitement sa vision floue et changeante de la situation. "Nous avons gagné", a-t-il déclaré à son auditoire, avant d'ajouter immédiatement: "Nous ne voulons pas partir trop tôt, n'est-ce pas ? Nous devons finir le travail".
Un camp fragmenté
Plusieurs courants sont en compétition à la Maison Blanche, au sein de la garde rapprochée de Trump.
D'un côté, on retrouve ceux qui expliquent qu'un choc pétrolier aurait un effet néfaste sur le soutien des Américains à la guerre au Moyen-Orient. Pour ces collaborateurs, les objectifs sont atteints ou presque, et il faut déclarer sans tarder une victoire limitée.
Parmi eux, on retrouve des conseillers économiques, notamment au sein du Trésor et au Conseil économique national. Mais aussi sa cheffe de cabinet Susie Wiles et son adjoint James Blair.
De l'autre côté, on retrouve les plus "militaristes" des conseillers du président, ceux que Reuters qualifient de "Faucons", tels que les sénateurs Lindsey Graham et Tom Cotton, ainsi que le podcasteur conservateur Mark Levin.
Pour eux, il est hors de question de laisser la moindre chance à l'Iran de progresser vers l'arme nucléaire. Ils estiment également que toute attaque envers des militaires ou navires commerciaux américains nécessite une réponse ferme.
Enfin, une troisième tendance semble voir le jour. Il s'agit de la base "populiste" des soutiens de Donald Trump, parmi lesquels Steve Bannon et Tucker Carlson, qui "lui demandent d'éviter un nouveau conflit prolongé au Moyen-Orient".
Ne décevoir personne
Le président essaie de jongler entre les avis divergents de ses différents conseillers, quitte à changer souvent de discours, pour ne décevoir personne. Il est donc très difficile pour Donald Trump de maintenir un discours cohérent, alors qu'il doit "gérer plusieurs récits contradictoires".
"Il laisse les Faucons croire que la campagne continue, veut que les marchés pensent que la guerre pourrait bientôt se terminer et que sa base croie que l'escalade restera limitée", conclut un conseiller du président auprès de Reuters.