L'administration Trump a rédigé une liste des pays "indisciplinés" de l'OTAN : des conséquences sont à craindre pour les "mauvais élèves"
Selon Politico, l'administration Trump a mis sur pied une liste des pays de l'OTAN "sages" et "indisciplinés".

- Publié le 24-04-2026 à 09h33
- Mis à jour le 24-04-2026 à 12h32

Alors que l'administration Trump tente de sanctionner les pays alliés qui ont refusé de le soutenir dans sa guerre contre l'Iran, la Maison Blanche a élaboré une liste des pays de l'OTAN "sages" et "indisciplinés", rapporte Politico.
Selon le magazine américain, qui cite plusieurs diplomates européens et un responsable américain de la Défense, les pays de l'Alliance atlantique y sont classés en trois catégories selon leur contribution.
Une idée qui avait été évoquée dès décembre par le ministre de la Défense de Trump, Pete Hegseth. "Les alliés exemplaires qui s'engagent, comme Israël, la Corée du Sud, la Pologne, de plus en plus l'Allemagne, les pays baltes et d'autres, bénéficieront de notre faveur particulière. Les alliés qui ne font toujours pas leur part pour la défense collective feront face à des conséquences", avait-il déclaré.
"La Maison-Blanche a un document 'bons et mauvais élèves', donc la logique semble similaire", confirme un diplomate auprès de Politico.
Une liste encore très floue
Washington n'a, pour le moment, révélé aucun critère établissant cette liste, ni précisé quelles seraient les sanctions ou récompenses qui pourraient être appliquées.
Tout semble encore très flou, comme l'explique à nos confrères un responsable européen. "Ils ne semblent pas avoir d'idées très concrètes… pour punir les mauvais alliés", a déclaré cette source à Politico. "Déplacer des troupes est une option, mais cela pénalise surtout les États-Unis, non ?", ajoute-t-elle.
Il apparaît en effet impossible de retirer les troupes américaines d'Europe. "Toute décision consisterait probablement à les déplacer d'un pays à un autre, ce qui serait coûteux et long", précise Politico.
Des gagnants…
Les grands gagnants d'une telle liste pourraient être la Pologne et la Roumanie, deux pays bien vus de Trump. Varsovie finance presque entièrement l'accueil de 10 000 soldats américains sur son sol, tandis que Bucarest a agrandi la base aérienne de Mihail Kogălniceanu, que Washington utilise dans sa guerre contre l'Iran, rappelle le magazine américain.
Pete Hegseth a qualifié "d'alliés modèles" les pays de l'OTAN ayant augmenté leurs dépenses militaires pour atteindre l'objectif de 5 % du PIB demandé par Donald Trump. Le département de la Défense américain a indiqué qu'il "privilégiera la coopération avec les alliés modèles qui font leur part pour notre défense collective", dans le but d'inciter les mauvais élèves à changer d'attitude.
"Ce concept pourrait permettre aux États-Unis de réduire le déploiement de troupes, les exercices conjoints ou les ventes d'armes pour les 'mauvais' alliés, et de les transférer vers les 'bons', explique Politico.
Cela permettrait aussi de distinguer les pays qui ont aidé les États-Unis dans leur guerre contre l'Iran, ou non.
… et des perdants
Parmi les pays dans le viseur, il y a d'abord l'Espagne. Pedro Sanchez est en effet un farouche opposant à la guerre en Iran, et rechigne à viser les 5 % de PIB en dépenses militaires demandés par Trump, ce qui irrite le président américain.
Politico cite aussi la France et le Royaume-Uni, parmi les États membres qui ont "refusé ou ralenti les demandes américaines".
Selon les informations de Reuters, qui cite un e-mail interne du Pentagone, l'administration Trump explore différents moyens de sanctionner en représailles les alliés de l'OTAN dont elle juge le soutien insuffisant dans la guerre en Iran. Il serait notamment question de suspendre l'Espagne de l'alliance et de réexaminer le soutien américain à la revendication britannique sur les îles Falkland.
Il serait également question de "suspendre les pays jugés 'difficiles' de postes importants ou prestigieux au sein de l'OTAN", toujours selon l'agence de presse.
Toutefois, cette manière de "punir" des alliés ne fait pas l'unanimité, même chez les Républicains. Le sénateur Roger Wicker a notamment déclaré : "Il n'est pas utile que les dirigeants américains parlent de nos alliances avec mépris. Nous devons rappeler les nombreux bénéfices politiques, stratégiques et moraux qu'elles apportent".