Les États-Unis bientôt en manque de missiles ? Une nouvelle étude pointe l'état préoccupant du stock d'armes américain après les opérations en Iran
Selon une récente étude, les États-Unis pourraient manquer de munitions en cas de futur conflit, par exemple dans le Pacifique.

- Publié le 24-04-2026 à 14h48
- Mis à jour le 24-04-2026 à 17h22

Les stocks de missiles américains se sont considérablement amenuisés depuis le déclenchement des opérations en Iran, et il y aurait un "risque à court terme" que l'armée américaine manque de munitions. Ce sont les informations qui ressortent de la dernière étude du Center for Strategic and International Studies (CSIS), confirmées par des sources internes au ministère américain de la Défense, citées par CNN.
Comme nous vous le signalions dans nos colonnes ce jeudi, selon cette étude, l'armée américaine aurait fortement entamé ses stocks de munitions durant les sept dernières semaines de guerre. Elle aurait utilisé au moins 45 % de ses missiles de frappe de précision, mais aussi plus de la moitié de ses missiles THAAD — dédiés à l'interception de missiles balistiques — ainsi qu'environ la moitié de ses intercepteurs de défense aérienne Patriot.
L'armée américaine a par ailleurs entamé une part significative de ses autres capacités : près de 30 % de ses missiles Tomahawk auraient été utilisés, tout comme plus de 20 % de ses JASSM à longue portée, ainsi qu'environ un cinquième de ses intercepteurs SM-3 et SM-6.
Des années pour revenir à la normale
Si le Pentagone a multiplié ces derniers mois les signatures de contrats pour augmenter sa production de missiles, il apparaît que les délais de livraison sont trop longs. Il faudrait en effet trois à cinq ans pour livrer de telles armes, même avec des capacités de production accrues, s'accordent le CSIS et les sources internes au Pentagone.
Si les États-Unis disposent normalement d'une puissance de frappe assez conséquente pour continuer leur guerre en Iran, même en cas d'échec du fragile cessez-le-feu, cela pourrait être insuffisant en cas d'affrontement avec une puissance de plus grande envergure comme la Chine. Le rapport indique également que l'armée américaine mettra des années à rétablir un stock de munitions équivalent à celui qui existait avant le déclenchement de la guerre contre l'Iran.
"Les dépenses élevées en munitions ont créé une période de vulnérabilité accrue dans le Pacifique occidental", explique le co-auteur du rapport Mark Cancian, colonel à la retraite du corps des Marines. "Il faudra entre un et quatre ans pour reconstituer ces stocks, puis encore plusieurs années pour atteindre les niveaux nécessaires", poursuit-il.
"D'où viendront ces munitions ?"
Ce rapport tranche avec l'optimisme affiché par Donald Trump, qui affirme que les États-Unis ne manquent d'aucune arme, même s'il concède rechercher des financements supplémentaires. "Nous demandons des fonds pour de nombreuses raisons, au-delà même de ce qui se passe en Iran. En particulier pour les munitions : nous en avons beaucoup de haut niveau, mais nous les préservons", avait déclaré le président américain le mois dernier.
Avant le déclenchement du conflit, plusieurs experts, dont Dan Caine, chef d'état-major des armées américaines, avaient notamment mis en garde Donald Trump sur les risques de frapper l'Iran, pointant le manque de munitions qui pourrait en résulter.
Depuis le début de l'offensive américaine, des élus démocrates ont également émis des critiques sur le renouvellement du stock de munitions.
"Les Iraniens ont la capacité de produire un grand nombre de drones Shahed, de missiles balistiques de moyenne et courte portée, et disposent d'importants stocks. À un moment donné, cela devient une question de calcul : comment allons-nous réapprovisionner les systèmes de défense aérienne ? D'où viendront ces munitions ?", a notamment questionné le sénateur démocrate Mark Kelly, en mars dernier.