Les Vénézueliens cherchent leurs proches sous les gravats, à mains nues
Après les deux séismes dévastateurs de mercredi, le bilan provisoire au Venezuela atteint déjà plus de 580 morts. Cinquante mille personnes ont disparu.
- Publié le 26-06-2026 à 19h46
- Mis à jour le 29-06-2026 à 10h52

Les recherches pour retrouver des survivants s'intensifiaient vendredi au Venezuela, presque deux jours après deux séismes dévastateurs dont le bilan provisoire atteignait vendredi soir 589 morts.
Bâtiments aplatis, montagnes de gravats où des familles en détresse tentent de retrouver des personnes ensevelies : à l'épicentre du tremblement de terre, les scènes de destructions laissent présager un bien plus grand nombre de victimes que le bilan actuel. Selon les Nations unies, plus de 50 000 personnes sont en effet portées disparues.
La zone la plus durement touchée est celle de La Guaira, au nord de la capitale Caracas, où se trouvent l'aéroport international de Maiquetia, endommagé et fermé, et la ville côtière de Catia la Mar. Des images aériennes y montrent notamment une succession de résidences à piscine effondrées comme des châteaux de cartes. La présidente vénézuélienne Delcy Rodríguez a déclaré que le gouvernement avait décidé de "militariser" cet État suite aux séismes qui ont dévasté la région.
Dans un dernier bulletin vendredi, la présidente a confirmé que 2 980 personnes ont été blessées et a revu à la hausse le bilan des victimes, le faisant passer de 235 à 589 morts. Les équipes de secours concentraient leurs efforts ce vendredi sur le sauvetage des personnes encore piégées sous les décombres. Familles et voisins participent également aux opérations de sauvetage et recherchent désespérément leurs proches parmi les ruines. Selon le gouvernement, un nombre indéterminé de personnes ont été secourues vivantes ; d'autres ont été localisées, mais ne peuvent pas sortir car elles sont piégées et il manque encore de machines pour faciliter les opérations de sauvetage.
"On a besoin d'une pelleteuse !"
Vendredi à La Guaira, Amparo del Giudice creusait à mains nues une montagne de gravats à la recherche de son fils. "Mon fils est ici, alors s'il vous plaît, venez, envoyez du personnel", implore-t-elle.
"Il y a beaucoup de blocs de pierre, on ne peut pas les enlever avec les mains." Son petit-fils Alessandro, 23 ans, a remis son casque de pompier volontaire pour l'aider à retrouver son père. "Il est là", affirme-t-il en sanglotant. Des images enregistrées par l'AFP montrent des sauveteurs affairés, parfois dans le plus grand dénuement, à mains nues et avec de simples pelles et seaux en plastique, dans les décombres d'immeubles effondrés.
Plus loins, des civils sur un tas de ruines tentent d'ouvrir à coups de marteau-piqueur les gravats d'un bâtiment. "On a besoin de gens qui viennent aider. Il y a ici une petite fille qui est coincée depuis hier soir, on peut la sortir, on a besoin d'une pelleteuse !", s'écrie, désespéré, Dani Rizo, un habitant d'un immeuble de La Guaira.
Les prochaines heures cruciales
Les 72 premières heures sont cruciales pour retrouver les victimes sous les décombres et sauver des vies, rappelle l'Organisation mondiale de la Santé (OMS). "Il est très difficile de survivre après 24 ou 48 heures d'enfermement. Les organes internes commencent à défaillir, surtout si la personne est piégée. Mais nous allons essayer de secourir le plus de personnes possible", a confirmé à la presse sur place Carlos Olivares, commandant de l'armée de l'air dominicaine, qui contribue à la recherche des survivants sous les décombres.
Dans les zones sinistrées du Venezuela, les hôpitaux prennent déjà en charge des blessures telles que des fractures, des traumatismes crâniens, des lésions par écrasement, des brûlures et d'autres blessures dues aux effondrements d'immeubles, a rapporté le directeur des urgences sanitaires au bureau régional de l'OMS. Ciro Ugarte a souligné que le système de santé vénézuélien était déjà fragile et que le pays était confronté à une crise humanitaire prolongée, de sorte que l'impact des séismes "engendrera des besoins nouveaux et importants".
Jusqu'à 6,76 millions de personnes pourraient avoir été touchées par les séismes qui ont frappé le Venezuela mercredi, selon l'Organisation internationale pour les migrations. Ce chiffre inclut deux millions de personnes dans la capitale, Caracas.