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Le jour où Kaboul est tombée aux mains des talibans

Les talibans sont entrés à Kaboul, ce dimanche soir, alors que le président afghan avait pris la fuite plus tôt dans l'après-midi.

Christophe Lamfalussy
Le jour où Kaboul est tombée aux mains des talibans
©AFP

Dix heures, ce dimanche 15 août 2021. Les flashes d'information crépitent. Les premiers talibans sont entrés dans la périphérie de Kaboul selon des habitants. Après Mazar-i-Sharif, le verrou du Nord tombé samedi, après Djalalabad, envahi dimanche matin, les fondamentalistes sont déjà aux portes de la capitale afghane. Ils sont de retour au pouvoir après vingt et un an d'un régime présidentiel soutenu par les États-Unis et les Occidentaux. L'Afghanistan tel que les plus jeunes l'ont connu s'est effondré comme un château de cartes.

Dix heures quinze, un porte-parole des talibans, Zabihullah Mujahid, affirme dans un communiqué que "toutes les régions du pays sont passées sous le contrôle de l'Émirat islamique", signifiant par là que le gouvernement élu démocratiquement à Kaboul a perdu. "Les moudjahidines de l'Émirat islamique n'ont pas l'intention d'entrer dans la ville par la force ou la guerre, mais plutôt d'entrer pacifiquement dans Kaboul. Des négociations sont en cours pour s'assurer que le processus de transition soit achevé en toute sécurité", poursuit le communiqué.

Le porte-parole promet aussi que les soldats et employés de l'administration actuelle sont "pardonnés" et qu'aucun d'eux "ne subira de représailles". Malgré ce message rassurant, des habitants affirment voir des talibans entrer aux abords de la capitale. Certains circulent dans des Humvees américains, confisqués à l'armée afghane. Paniqués, des habitants cherchent à fuir mais ils ne savent où aller. Kaboul abrite 4,4 millions d'habitants et des dizaines de milliers de personnes déplacées par l'avancée des insurgés.

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