"Est-il possible qu'on n'ait pas tiré les leçons de l'histoire?": le président allemand alerte sur la percée de l'extrême droite et l'antisémitisme
Le président allemand Frank-Walter Steinmeier a mis en garde sur la fragilité de la démocratie, dans un contexte de montée de l'extrême droite et de l'antisémitisme.

- Publié le 10-11-2025 à 18h22
- Mis à jour le 10-11-2025 à 21h50

Le président allemand Frank-Walter Steinmeier a dénoncé le 9 novembre les menaces croissantes" qui mettent selon lui en péril la démocratie de son pays, en soulignant la montée de l'extrême droite et de l'antisémitisme, rapporte Sud Ouest.
Cette date est éminemment symbolique, puisqu'elle représente à la fois par la proclamation de la République allemande en 1918, les violents pogroms contre les juifs de 1938, mais également la chute du mur de Berlin en 1989.
"Cent sept ans après 1918, date de la proclamation de la première République allemande, notre démocratie libérale est sous pression. Les populistes et les extrémistes tournent en dérision nos institutions, empoisonnent le débat public et exploitent la peur", a déclaré le chef de l'État allemand.
Frank-Walter Steinmeier a notamment dénoncé l'utilisation de slogans nazis par l'AFD, l'incitation à la haine raciale ou les tentatives de destruction de l'ordre constitutionnel, "qu'elles soient d'extrême droite, d'extrême gauche ou islamistes".
Alors que son parti conservateur, le CDU, est aux coudes à coudes avec le parti d'extrême droite AFD dans les sondages, le chef d'État a refusé toute collaboration politique avec ce parti.
"Il ne doit pas y avoir de coopération politique avec les extrémistes. Ni au gouvernement ni dans les parlements", a-t-il expliqué.
"L'antisémitisme n'est pas de retour, car il a toujours été. Est-il possible que nous n'ayons pas tiré les leçons de l'histoire ?", s'est-il questionné. Avant d'ajouter : "Il vient de la droite, de la gauche et du centre, il existe parmi les immigrés musulmans".
En Allemagne, 6 236 actes antisémites ont été recensés en 2024, un chiffre record près de trois fois supérieur à celui de 2022. Près de la moitié (48 %) de ces actes sont attribués à l'extrême droite.