Une obsession pour Vladimir Poutine : voici comment Jeffrey Epstein a tout fait pour s'immiscer au cœur du Kremlin
Le président russe apparaît à plus de mille reprises dans les documents publiés vendredi par le département de la Justice américain.

- Publié le 04-02-2026 à 11h27

Alors que le département de la Justice américain a publié vendredi massivement des documents liés à l'affaire Epstein, ébranlant au passage des responsables politiques de plusieurs pays européens, un nom qui ressort des fichiers fait beaucoup parler de lui.
En effet, Vladimir Poutine apparaît à plus de mille reprises dans les trois millions et demi de pages relatives à l'affaire Epstein mises en ligne par la justice américaine. De nouveaux éléments y figurent sur la relation entre le criminel sexuel et le président russe.
On y retrouve notamment de nouveaux enregistrements audio, qui montrent Jeffrey Epstein conseiller à un interlocuteur non identifié comment approcher efficacement Vladimir Poutine. Cet extrait, issu d'un enregistrement de trois heures, aurait été capté durant un dîner entre le milliardaire et deux autres hommes, selon Sky News. On ignore le contexte de cette conversation, et si les conseils d'Epstein ont été appliqués.
Il apparaît clairement, dans de nombreux mails, que Jeffrey Epstein a tenté désespérément d'approcher le locataire du Kremlin, via des responsables politiques européens, au début des années 2010, après sa première condamnation par la justice américaine pour "sollicitation de prostitution d'un mineur", rapporte The Independant.
Si aucune preuve ne permet d'affirmer si une rencontre a eu lieu ou non, "ces nouveaux documents dessinent le portrait d'un homme déterminé à approcher le cercle du pouvoir russe, au moment même où il cherchait à redorer son image et à retrouver une stature internationale après sa première condamnation", expliquent nos confrères de France 24.
L'obsession russe
Selon les fichiers révélés, le délinquant sexuel aurait essayé, via ses relations politiques, d'organiser une rencontre avec le dirigeant russe pour "discuter des investissements étrangers en Russie", de 2011 à 2018, soit un an avant son suicide en détention.
Notamment via l'intermédiaire de Thorbjorn Jagland, ancien Premier ministre norvégien, à l'époque secrétaire général du Conseil de l'Europe, qui entretenait des contacts directs avec Poutine.
Invoquant la présence de personnalités influentes, Epstein aurait tenté de convaincre le président russe, par l'entremise de Jagland. "Bill Gates sera avec moi à Paris dimanche et lundi, Poutine est le bienvenu pour le dîner", écrit-il au Norvégien en juin 2013.
Si Jeffrey Epstein persévère, plusieurs tentatives de rencontre avec le dictateur russe seront avortées. Comme en 2014, où le contexte international semble avoir contrarié ses plans. Quelques jours plus tôt, le vol MH17 de la Malaysia Airlines était abattu au-dessus du Donbass, par un missile russe tiré depuis le territoire séparatiste.
Il aurait tenté une dernière fois de rencontrer Poutine en 2017, un an avant sa mort, en contactant cette fois le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.
"Je pense que vous pourriez suggérer à Poutine que Lavrov puisse obtenir des informations en me parlant", propose-t-il à Thorbjorn Jagland dans un courriel datant de juin 2018, évoquant Donald Trump.
"Ce n'est pas compliqué. Il [Trump] doit être vu comme quelqu'un qui obtient quelque chose. C'est aussi simple que cela", précise Epstein.
Des liens avec le Mossad ?
La publication de nouveaux documents ravive aussi une thèse ancienne : Jeffrey Epstein agissait-il pour son propre compte ?
Une note déclassifiée du FBI publiée ce vendredi indique en tout cas que Jeffrey Epstein "était un agent du Mossad" (NdlR : le service de renseignement israélien) et" proche de l'ancien Premier ministre israélien Ehud Barak". Ce dernier a par ailleurs reconnu avoir fréquenté l'homme d'affaires, tout en niant être au courant de ses crimes.
Un vaste réseau de chantage ?
Mais certaines accusations, à prendre avec des pincettes, vont encore plus loin. La presse tabloïd anglaise, citant des sources au sein du renseignement américain, affirme que Jeffrey Epstein aurait été lié de longue date avec le crime organisé voire avec le KGB, et aurait utilisé des jeunes femmes pour faire chanter des personnalités et dirigeants pour le compte des services de renseignement russes.
Rien ne permet toutefois à l'heure actuelle de confirmer ces hypothèses sensationnalistes mises en avant par The Sun et le Daily Mail.
La révélation de ces millions de pages sur l'affaire Epstein continue en tout cas d'alimenter les théories du complot.