Guerre en Ukraine: "Le conflit va durer encore plusieurs années"
Le risque de conflit gelé sur plusieurs années existe bel et bien. Pour Poutine, la stratégie est claire : faire perdurer la guerre le plus possible.

- Publié le 11-10-2023 à 22h50

Volodymyr Zelensky s'est rendu au siège de l'Otan ce mercredi, une première depuis l'invasion russe. Il doit participer à une réunion des ministres de la défense de l'organisation et a estimé que sa visite à l'Otan était clé pour organiser la "résilience" de l'Ukraine cet hiver, le pays craignant une nouvelle campagne russe de bombardements contre son infrastructure énergétique.
Il a également rencontré le gouvernement belge avec au menu des discussions, la possible livraison de F16, le déblocage de fonds gelés russes et le blocage de diamants russes. "Nous avons besoin du soutien des dirigeants, voilà pourquoi je suis là", a-t-il déclaré, lui qui s'était dit la veille inquiet des conséquences sur la contribution des alliés à son pays de la guerre entre Israël et le Hamas. "Le soutien de l'occident est crucial pour l'Ukraine, affirme Kris Quanten, professeur d'histoire militaire à l'École royale militaire (ERM). C'est pour cette raison que Zelensky se montre un peu partout, il veut maintenir cet appui matériel et financier, c'est le cordon ombilical pour eux. Si on le coupe, on sait très bien que l'Ukraine ne pourra pas continuer ses opérations. Et Poutine le sait aussi. C'est pour cela qu'il tente par tous les moyens d'affaiblir l'aide occidentale. Il est convaincu qu'il y aura d'autres failles comme en Pologne".
Un risque réel de conflit gelé
Pour l'expert, la stratégie russe est très claire : faire perdurer la guerre le plus longtemps possible, en sachant que l'approvisionnement sur le long terme va devenir de plus en plus complexe tandis que son armée puise dans des ressources humaines plus importantes que du côté ukrainien.
Malgré les sanctions financières, l'économie de guerre russe continue à tourner et produire. Poutine a donc tout intérêt à ne pas arriver à un accord à court terme. Pour autant, risque-t-on d'assister à un conflit gelé qui risque de durer encore plusieurs années ? "C'est un scénario qui existe et qui risque d'arriver quand on sait qu'une des deux parties table dessus, poursuit-il. L'Ukraine veut tout le contraire mais elle n'a pas les moyens d'imposer sa volonté. Aujourd'hui, reconquérir tout le territoire est sûrement trop ambitieux et semble peu probable. C'est pour cela qu'on risque d'évoluer vers un conflit gelé. On peut aussi se demander si l'Occident peut et souhaite maintenir son soutien en sachant que d'autres crises se présentent, on pense notamment au prix du pétrole, du gaz et aux problèmes posés par le blé. On a fortement l'impression que Poutine joue là-dessus".
Du retard dans la livraison de nos F-35
Si nos deux premiers F-35 devaient être prêts pour la fin de l'année, le calendrier a été retardé pour une question de mise à jour de logiciels. Un problème de certification des derniers développements technologiques est à l'origine de ces retards. Ils devraient arriver au mois de mai 2024 si tout se passe comme prévu. "Il n'y a pas eu d'annonce officielle d'un nouveau retard. Ils avaient même dit que ce retard pourrait être rattrapé. On ne sera donc pas au-dessus d'un délai de 3 à 6 mois", précise la ministre Dedonder. Dans la foulée, quatre à cinq F-35 par an seront livrés entre 2024 et 2030, de sorte que les 34 avions devraient être livrés en 2030, conformément au schéma initial. À la suite du contrat de 4,5 milliards de dollars pour l'achat de 34 F-35, la Belgique avait signé avec le fabricant du F-35, un accord pour permettre à ses industriels de concourir aux marchés de la chaîne de production.
