Guerre en Ukraine: Theo Francken s'inquiète des contours d'un plan de paix tracés par les Etats-Unis
Le nouveau ministre de la Défense, Theo Francken, s'est montré très critique mercredi à propos du cadre tracé par le secrétaire d'État américain Pete Hegseth pour un plan de paix en Ukraine. À ses yeux, il signifierait "en partie une victoire pour Poutine".

- Publié le 12-02-2025 à 21h31

Le secrétaire à la Défense a jugé mercredi qu'une adhésion de l'Ukraine à l'OTAN n'était pas réaliste, pas plus qu'un retour aux frontières d'avant 2014 (c'est-à-dire incluant la Crimée). Si des forces de paix devaient être déployées, celles-ci ne le seraient pas dans le cadre de l'OTAN, elles ne pourraient pas invoquer l'article 5 du Traité de l'Alliance (qui consacre la défense collective) en cas d'attaque et l'armée américaine n'y participerait pas.
Autant de conditions qui, mises en ensemble, représentent une "véritable bombe" et "feraient le jeu" du président russe, selon M. Francken, interrogé sur le plateau de Ter Zake (VRT). "Ce n'est pas un bon jour, ni pour l'Occident, ni pour l'OTAN", a-t-il souligné.
Si un tel plan était mis en oeuvre, le ministre belge redoute en outre que la Russie n'en profite pour rebâtir ses forces et qu'elle poursuive son offensive en visant la Moldavie, la Géorgie et peut-être les Pays Baltes, membres de l'Alliance atlantique.
Le nouveau ministre ne juge pas "illogique" que la Belgique participe à une force internationale de paix si elle devait voir le jour. "Je ne l'exclus certainement pas. L'accord de gouvernement est très clair : on soutient l'Ukraine et la souveraineté de ce peuple, et nous sommes pour la paix. Si l'Ukraine accepte un accord de paix et qu'il faut le surveiller, c'est une question que nous allons très certainement examiner", a-t-il affirmé.
Face à la menace russe et aux annonces américaines de désengagement de plus en plus pressantes, l'Europe doit continuer à développer ses capacités de défense, a plaidé M. Francken.
L'objectif de 5% du PIB consacré à la Défense est cette fois évoqué par les Etats-Unis, et non plus les 2% que vise le nouveau gouvernement d'ici la fin de la législature. Si tel était le cas, les investissements dans ce domaine devraient être sortis des normes de Maastricht, qui établissent les règles budgétaires de l'UE, estime le ministre belge.
