"Il est grand temps que les Russes commencent à prendre la paix au sérieux" : les États-Unis prêts à fournir des missiles longue portée à l'Ukraine ?
Le vice-président américain JD Vance a interpellé dimanche la Russie, appelant Moscou à prendre au sérieux les négociations de paix avec Kiev.

- Publié le 30-09-2025 à 11h01
- Mis à jour le 30-09-2025 à 15h28

Dimanche, JD Vance a exhorté la Russie à ne pas négliger les pourparlers pour une paix avec l'Ukraine. "Réveillez-vous et acceptez la réalité", a-t-il lâché sur Fox News, quelques heures après une offensive aérienne russe de grande ampleur.
"L'économie russe est en ruine, et les Russes n'avancent pas beaucoup. Il est grand temps qu'ils commencent à prendre les pourparlers de paix au sérieux", a déclaré le vice-président américain.
"La réalité sur le champ de bataille a changé. Les Russes tuent et perdent beaucoup d'hommes, mais ils n'obtiennent presque rien en retour", a-t-il poursuivi.
Avant de se questionner : "Combien de personnes supplémentaires sont-ils prêts à perdre ? Combien d'autres sont-ils prêts à tuer pour un avantage militaire minime, voire inexistant ?".
Pour le membre du parti républicain, "les Russes doivent se réveiller et affronter la réalité".
Vers l'envoi de missiles Tomahawk à Kiev ?
JD Vance a également évoqué la possibilité de l'envoi de missiles Tomahawks à l'Ukraine.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait demandé aux États-Unis de vendre des Tomahawk aux pays européens, pour qu'ils les fassent ensuite transiter vers l'Ukraine.
"Nous examinons certainement un certain nombre de demandes venant des Européens", a expliqué Vance.
Selon le vice-président américain, c'est Donald Trump qui prendra la "décision finale" sur le sujet, indique Reuters.
Les missiles Tomahawk sont capables de toucher une cible à 2500 km, ce qui pourrait placer Moscou à portée de tir de Kiev si les Américains décidaient de fournir cette arme aux Ukrainiens.
Trump a pour le moment toujours refusé, mais semble néanmoins de plus en plus agacé par les actions de Vladimir Poutine.
Selon Keith Kellogg, envoyé spécial des États-Unis pour l'Ukraine, Trump serait en faveur de l'envoi inédit de cet armement.
"D'après ce que je lis de ce qu'il (Trump) a dit, et de ce qu'a dit le vice-président Vance… la réponse est oui. Utilisez la capacité de frapper en profondeur. Il n'existe pas de sanctuaires" , a déclaré dimanche M. Kellogg sur Fox News.
"Analyse très approfondie" par la Russie
Le porte-parole du Kremin Dmitri Peskov a réagi aux propos de JD Vance.
"Qui détermine les cibles de ces missiles ? Le côté américain ou les Ukrainiens eux-mêmes", a questionné M. Peskov, ajoutant "qu'une une analyse très approfondie" était nécessaire.
Le président du comité de la Défense du Parlement russe, Andreï Kartapolov, a pour sa part juré au média Mayak que les spécialistes américains aidant l'Ukraine deviendraient des cibles de Moscou.
"Et personne ne les protégera. Ni Trump, ni Kellogg, ni qui que ce soit d'autre", a-t-il dit.
Cependant, Dmitri Peskov a affirmé que même dans le cas où Kiev obtenait des missiles Tomahawk de Washington, cela ne bouleverserait pas fondamentalement l'équilibre du conflit.
"Même si cela se produit, il n'y a pas de panacée qui puisse modifier la situation sur le front pour le régime de Kiev actuellement… Et que ce soient des Tomahawk ou d'autres missiles, ils ne pourront pas changer la dynamique", a déclaré M. Peskov.