"L'OTAN frappera en profondeur en Russie si Poutine envahit les États baltes" : un ministre européen met en garde Moscou
Le ministre estonien des Affaires étrangères s'est livré dans un entretien au Telegraph.

- Publié le 17-02-2026 à 08h56
- Mis à jour le 17-02-2026 à 10h13

Le quotidien allemand Die Welt a récemment mis sur pied un "wargame", une simulation imaginée par d'anciens responsables de l'Otan et de l'armée allemande, mais aussi des personnalités politiques et des experts, permettant d'identifier "les faiblesses [de l'Allemagne] et de déterminer comment y remédier".
Dans celle-ci, la Russie envahissait la Lituanie. La ville estonienne de Narva, proche de la frontière russe, y était aussi identifiée comme une cible potentielle.
Dans ce contexte d'inquiétude dans les États baltes, le ministre estonien des Affaires étrangères, Margus Tsahkna, a donné une interview au Telegraph, expliquant qu'il y aurait une réaction ferme de l'Otan en cas d'invasion de l'Estonie, la Lettonie ou la Lituanie.
"Nous porterons la guerre en Russie et nous mènerons des frappes en profondeur très loin à l'intérieur de la Russie. Nous savons exactement quoi faire", a déclaré Margus Tsahkna.
"C'est pourquoi nous accélérons maintenant nos investissements et développons nos capacités… c'est pourquoi nous investissons 5 % de notre PIB dans la défense dans notre région", a-t-il poursuivi.
Des scénarios dépassés
En marge de la Conférence de Munich sur la sécurité, le ministre estonien des Affaires étrangères a jugé dépassée cette simulation, rappelant les investissements massifs des pays baltes dans leur Défense.
"Les anciens plans consistaient simplement à dire : 'si la Russie arrive, alors l'Otan finira par gagner la guerre'. Dans ce cas, il ne restera plus aucun Estonien. Nous ne sommes donc pas intéressés par ce type de plans", a expliqué Margus Tsahkna.
"C'est notre plan, parce qu'il n'y a pas d'autre plan. Nous ne pouvons pas laisser la Russie entrer dans les États baltes et [seulement] ensuite contre-attaquer", a-t-il ajouté.
Une simulation controversée
Le "wargame" du journal allemand a suscité la controverse, en raison de la victoire nette qu'y obtenait la Russie, profitant dans la simulation de la paralysie otanienne.
Dans cet exercice, les États-Unis refusaient d'appliquer l'article 5 de l'Otan et donc d'intervenir, par crainte du déclenchement d'une troisième guerre mondiale, et les troupes allemandes stationnées en Lituanie ne parvenaient pas à repousser la Russie.
Les résultats de la simulation ne sont toutefois pas au goût des dirigeants baltes, car elle les jugeait incapables de contenir la menace russe.
"De tels scénarios sont, franchement, insultants pour les pays en première ligne, qui sont trop souvent présentés comme des objets passifs plutôt que comme des acteurs dotés de leur propre capacité d'action ", a regretté Sven Sakkov, ambassadeur d'Estonie au Royaume-Uni, sur le réseau social X.
"Ce qui est écrit là est absurde. Je ne connais pas les objectifs de ce wargame – peut-être sont-ils excessivement politiques, destinés à montrer une menace ou à éduquer leur propre opinion publique, allemande ou européenne", a quant à lui réagi Gintaras Bagdonas, colonel lituanien à la retraite, dans un entretien au média public LRT.