Donald Trump appelle l'Iran à capituler "sans conditions"
Israël et l'Iran se sont encore affrontés mardi. L'AIEA s'inquiète désormais du risque de contamination nucléaire sur le site d'enrichissement de Natanz.
- Publié le 18-06-2025 à 14h26
- Mis à jour le 18-06-2025 à 17h43

Les affrontements entre Israël et l'Iran se sont poursuivis pour une cinquième journée consécutive, ce mardi. En fin d'après-midi, l'armée israélienne a déclaré avoir "mené une série de frappes dans l'ouest" du pays avant de préciser que "plusieurs sites ainsi que des dizaines de lanceurs de missiles sol-sol (avaient) été visés". Quelques heures plus tôt, elle avait déjà annoncé avoir tué le nouveau chef d'état-major iranien – Ali Shadmani – quatre jours seulement après l'élimination de son prédécesseur – Golam Ali Rashid – dans un raid similaire sur "un centre de commandement au cœur de Téhéran".
L'Iran, qui annonçait en début de soirée de nouvelles attaques "punitives" imminentes, a répliqué en tirant "plusieurs missiles vers l'État d'Israël (mais) la plupart d'entre eux ont été interceptés", selon l'équivalent israélien de la Croix-Rouge, le Magen David Adom.
Le sous-sol de Natanz touché
Israël procède depuis vendredi à des frappes sans précédent sur l'Iran avec l'objectif affiché d'empêcher le pays de se doter de l'arme atomique. Mardi, "plusieurs explosions ont été entendues à l'est et au nord d'Ispahan" rapportait dans l'après-midi l'agence de presse iranienne Mehr. Grande ville du centre de l'Iran, Ispahan compte deux millions d'habitants et abrite un centre d'enrichissement d'uranium.
Il y a cinq jours, à une centaine de kilomètres de là, le centre d'enrichissement de Natanz et son infrastructure électrique avaient déjà été la cible de missiles israéliens. Or, le site compte plus de 10 000 centrifugeuses utilisées pour enrichir l'uranium, ce que l'Iran fait à 60 % – soit bien au-delà de la limite de 3,67 % fixée par l'accord international de 2015 -, selon L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).
L'Agence onusienne s'est d'abord voulue rassurante en précisant que la partie souterraine du site d'enrichissement de Natanz – où se situent les substances radioactives – n'avait pas été endommagée. Elle est revenue sur ses propos, mardi, en faisant état "de nouveaux éléments montrant des impacts directs sur les salles souterraines" du site "sur la base d'une analyse continue des images satellite haute résolution".
L'AIEA avait par ailleurs déjà indiqué la veille que "compte tenu du type de matière nucléaire présente dans cette installation, il est possible que des isotopes d'uranium contenus dans l'hexafluorure d'uranium, le fluorure d'uranyle et le fluorure d'hydrogène soient dispersés à l'intérieur" du site, provoquant "une contamination à la fois radiologique et chimique".
"L'Iran doit capituler"
"Nous n'avons aucune raison de nous inquiéter pour l'instant, mais il est évident qu'une escalade militaire prolongée aura des conséquences imprévisibles" a réagi Majed al-Ansari, un porte-parole du ministère des Affaires étrangères du Qatar qui dit surveiller de très près toute contamination dans les eaux du Golfe. Les eaux du Golfe constituent la principale source d'eau pour nous tous dans la région", a souligné M. Ansari. La communauté internationale doit dire très clairement que tout ciblage d'installations nucléaires, de carburant ou d'énergie dans cette région aurait des ramifications que nous ne pouvons pas mesurer dans le Golfe".
En début de soirée, Donald Trump a exigé une "CAPITULATION SANS CONDITIONS" de l'Iran via un message posté sur sa plateforme Truth Social, avant de préciser que les États-Unis savaient "exactement où se cache le soi-disant 'Guide suprême'" mais n'allaient "pas éliminer" Ali Khamenei "pour le moment". Quelques minutes plus tôt, le président américain avait déjà écrit que les États-Unis contrôlaient "désormais complètement et totalement l'espace aérien iranien".
"Nous avons tous convenu de la nécessité urgente d'éviter l'escalade. L'Iran ne peut pas avoir de bombe nucléaire et la diplomatie est la solution pour empêcher cela", a indiqué pour sa part sur X la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, plus nuancée que le chancelier allemand Friedrich Merz, qui a estimé qu'Israël avait "le courage" de faire "le sale boulot pour nous tous".
Au moins 224 morts et plus d'un millier de blessés ont été officiellement recensés en Iran depuis vendredi, selon un bilan du ministère iranien de la Santé publié dimanche, au moins 24 morts côté israélien. Plus de 700 étrangers, originaires d'une quinzaine de pays, ont en outre été évacués d'Iran vers l'Azerbaïdjan et l'Arménie depuis le début des frappes israéliennes, selon les autorités de Bakou et Erevan.

