"Je veillerai personnellement à ce que vous soyez inculpé de meurtre": cette mère d'otage est devenue le "pire cauchemar" de Netanyahu
Mère d'un otage israélien retenu à Gaza depuis plus de 23 mois, Einav Zangauker en veut à Benjamin Netanyahu, qu'elle a menacé samedi de poursuites en justice si son fils ne revenait pas sain et sauf.

- Publié le 31-08-2025 à 16h17
- Mis à jour le 01-09-2025 à 08h05

Voilà bientôt deux ans qu'Einav Zangauker attend désespérément le retour de son fils, retenu en otage par le Hamas dans la bande de Gaza.
Samedi, elle a mis en garde le Premier ministre israélien. Elle l'attaquera en justice si son fils n'est pas libéré en vie. "Netanyahu, si mon Matan revient dans un cercueil, je veillerai personnellement à ce que vous soyez inculpé de meurtre", a-t-elle menacé.
Le 7 octobre 2023, Matan Zangauker était enlevé avec plus de 200 autres personnes, majoritairement issues des kibboutz, des communautés agricoles collectives, traditionnellement de gauche. Matan gérait avec son épouse une plantation de cannabis dans le kibboutz Nir Oz, à la lisière de Gaza, comme rapporte le Parisien.
Une voix qui compte
Le Premier ministre israélien est sous le feu des critiques, beaucoup de familles d'otages l'accusant de les sacrifier. Parmi les voix qui s'élèvent, celle d'Einav Zangauker est très écoutée. Elle est l'une des porte-drapeaux du Forum des familles d'otages, la principale organisation de représentation des proches d'otages enlevés par le Hamas.
Guidée par la peur de perdre son fils, elle s'est transformée en farouche opposante à Benjamin Netanyahu.
Son prénom, Einav, est désormais connu dans tout l'Etat hébreu. Son physique est aussi devenu un symbole : ses cheveux noir corbeau sont reconnaissables entre mille, son regard est marqué par la détresse et les angoisses, ses joues sont creusées.

Il faut dire que depuis la capture de son fils, elle a perdu plus de 11 kg.
Très proche de ses enfants, qu'elle pouvait appeler une dizaine de fois par jour Conflit israélo-palestinien : Kaja Kallas n'est "pas très optimiste" sur des sanctions de l'UE contre Israël, elle a été bouleversée par l'enlèvement de Matan.
Divorcée, elle est aussi maman de deux filles, dont l'une est atteinte d'une maladie génétique invalidante et doit parfois se déplacer en fauteuil roulant.
L'espoir puis la colère
Durant les premiers jours après le 7 octobre, Einav y croyait. Sa belle-fille Ilana avait d'ailleurs été libérée en novembre 2023. Mais l'espoir a été de courte durée.
La quadragénaire est en total désaccord avec la politique de Netanyahou, qu'elle a par ailleurs rencontré à deux reprises ces derniers mois.
Elle l'accuse de sacrifier les otages israéliens et trouve moralement inacceptable le blocage de l'aide humanitaire à Gaza.
Alors qu'au départ, elle participait à des veillées pour les otages devant le Musée d'Art de Tel-Aviv, elle a rapidement préféré des actions plus radicales.
Parmi ses faits d'armes : planter une tente face à la Knesset (le Parlement israélien), s'enchaîner à des ponts, embraser le bitume d'une autoroute de Tel-Aviv, tenter de bloquer une nouvelle offensive à la frontière de Gaza ou encore défiler jusqu'à la maison de Benyamin Netanyahu.
"Je serai ton pire cauchemar"
Car désormais, Einav est animée par la colère.
"Je te hanterai personnellement si mon Matan rentre à la maison dans un sac mortuaire, a-t-elle déclaré plus tard en s'adressant à lui. Je serai ton pire cauchemar", a-t-elle notamment martelé.
La mère de famille manifeste tous les samedis ou presque devant le quartier général des Forces de défense israélienne, lieu éminemment symbolique.
Elle est devenue une icône de la lutte pour la libération des otages, et un adversaire encombrant pour Benjamin Netanyahu.
Rassemblant derrière elle une bonne partie de l'opinion publique, elle est devenue un héraut de ceux qui aspirent à un changement politique.
"J'avais l'habitude de croire qu'il y avait un contrat entre l'État et ses citoyens, mais cette illusion a été brisée le 7 octobre", a-t-elle notamment déclaré en mai dernier.
Einar exhorte désormais la majorité silencieuse à prendre la parole. "Tant que vous gardez le silence face à une guerre qui ne sert qu'un seul homme, vous êtes complices".