Chlamydia, gonorrhée et maladie de Cupidon : les infections sexuellement transmissibles augmentent de façon inquiétante en Belgique
Face à cette recrudescence, la Plateforme Prévention Sida lance une nouvelle campagne de sensibilisation.

- Publié le 05-07-2024 à 15h01

Gonorrhée, syphilis, chlamydia… Pourquoi les infections sexuellement transmissibles continuent-elles à tant augmenter en Belgique ?. Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) a récemment tiré la sonnette d'alarme face à la recrudescence "inquiétante" d'infections sexuellement transmissibles (IST) sur le Vieux Continent.
Chez nous, c'est la chlamydia qui reste l'IST la plus fréquente, et chez les femmes principalement. Le nombre estimé de diagnostics a augmenté (+ 21 %) avec 189/100 000 habitants en 2023 en comparaison à 156/100 000 habitants en 2019, d'après les derniers chiffres de Sciensano. Le nombre estimé de diagnostics de gonorrhée a lui fortement augmenté de 99 %, passant de 66/100 000 habitants en 2019 à 130/100 000 habitants en 2023, devenant donc l'IST la plus fréquente chez les hommes.
Une hausse des diagnostics (+ 13 %) est par ailleurs observée pour la syphilis, également appelée "maladie de Cupidon". Le nombre estimé de cas de cette maladie, qui touche principalement des hommes ayant des rapports sexuels avec d'autres hommes, est passé de 65 par 100.000 habitants en 2019 à 73 par 100.000 habitants en 2023. Souvent asymptomatiques, ces infections peuvent se transmettre "sans qu'on le sache", rappelle la Plateforme Prévention Sida qui estime que l'augmentation des Infections Sexuellement Transmissibles (IST) est notamment le résultat de multiples facteurs tels que la moins bonne connaissance des informations relatives aux IST, une baisse de l'utilisation des préservatifs entraînant une augmentation des comportements à risque mais aussi une facilitation accrue des possibilités de rencontres, notamment sexuelles, via les nombreux réseaux sociaux.
Face à cette situation, la Plateforme lance une nouvelle campagne de sensibilisation avec pour slogan "la prévention du VIH et des IST, parlez-en comme vous voulez mais parlez-en". L'objectif ? Inviter à dialoguer autour du préservatif, du carré de latex, du dépistage et des traitements comme moyen de prévention avec sa ou son partenaire. "Concrètement, elle vise à lever les freins liés à l'utilisation des outils de prévention par l'invitation à en parler, précise Thierry Martin, directeur de la plateforme. La campagne s'adresse au grand public et plus spécifiquement à toute personne ayant des relations sexuelles, quel que soit son âge, son orientation sexuelle ou son origine. Et une attention particulière est portée vis-à-vis des jeunes, des HSH (Hommes ayant des relations sexuelles avec des Hommes), des personnes d'origine étrangère ainsi que des PVVIH (personnes vivant avec le VIH)".
