Bactérie mortelle dans des maisons de repos flamandes : une enquête ouverte après plusieurs suspicions en Wallonie
Cinq décès ont été recensés dans des maisons de repos flamandes. Les autorités sanitaires cherchent désormais l'origine d'une contamination rare et inquiétante.

- Publié le 28-08-2025 à 18h57
- Mis à jour le 28-08-2025 à 19h08

La bactérie STEC (Escherichia coli productrice de shigatoxines) a été détectée dans plusieurs maisons de repos flamandes. En quelques jours, 21 personnes ont été contaminées, dont cinq sont décédées.
C'est à Louvain que les quatre premiers cas ont été découverts mardi 26 août.
D'après l'agence flamande de santé (Departement Zorg), ces résidents souffraient déjà de lourds problèmes de santé, ce qui rend difficile d'affirmer si la bactérie a été la cause directe ou si elle a accéléré leur décès.
Selon l'Afsca et l'agence flamande de santé, les analyses de laboratoire montrent qu'il s'agit bien du même type génétique de bactérie, laissant penser à une source commune. La piste alimentaire est privilégiée, sans certitude pour l'instant.
Les maisons de repos concernées, dont certaines gérées par le groupe Armonea, ont déclenché leurs procédures de crise : retrait des aliments suspects, nettoyage renforcé des cuisines et mesures strictes d'hygiène des mains pour le personnel, les résidents et les visiteurs.
Une bactérie rare mais surveillée de près
Pour rappel, les infections à E. coli peuvent passer inaperçues ou provoquer des diarrhées, nausées, vomissements et maux de tête, comparables à une gastro-entérite. Dans les cas graves, elles entraînent des complications rénales liées à un syndrome hémolytique et urémique (SHU).
Les reins fonctionnent alors moins bien, ce qui provoque de la fatigue, un essoufflement ou une diminution de la quantité d'urine.
Et la contamination se fait le plus souvent par des aliments crus (viandes, légumes ou fromages au lait cru). La transmission d'une personne à l'autre reste rare mais possible.
À Bruxelles, la Cocom se veut rassurante : "Il s'agit d'une propagation localisée en Flandre, aucun cas n'a été recensé à ce jour dans la région bruxelloise".
En Wallonie, en revanche, l'AViQ signale des suspicions dans plusieurs établissements : "Rien d'alarmant pour le moment, mais nous restons attentifs", précise sa porte-parole Lara Kotlar.
Avec 80 à 130 cas recensés chaque année en Belgique, le nombre de contaminations observé en quelques jours est inhabituel.
Une enquête nationale est donc en cours, menée conjointement par le département flamand des soins de santé, l'Afsca et Sciensano, afin de déterminer l'origine de ce cluster.
L'objectif : vérifier si les produits alimentaires concernés pourraient avoir circulé ailleurs, ce qui élargirait l'impact.
