Ce que la pauvreté cause au cerveau humain

De longues périodes d'extrême précarité, dans la rue pour les plus démunis, facilitent la contraction de toutes sortes de maladies. On le savait. Mais elles peuvent aussi causer des dégâts cérébraux, avec une incidence directe sur la mémoire.

Rédaction en ligne
Ce que la pauvreté cause au cerveau humain
©Yves Boucau

De longues périodes de vie (ou de survie) avec des ressources financières amoindries sont associées à un affaiblissement notable des performances sur trois mesures standard de la fonction cognitive. C'est la conclusion d'une étude menée par l'American journal of Preventive medecine, qui observe sur le cerveau humain les conséquences d'une tranche de vie, ou d'une vie entière, avec un revenu inférieur au double du seuil de pauvreté fixé par le département américain de la Santé. Ce seuil était à 11.770$ par an pour un habitant isolé en 2015.

Sur un test de mémoire verbale valant 15 points, les sondés qui comptent plus de 25 ans de bas revenus ont un résultat de 2,4 points plus bas que ceux qui ont toujours été au-dessus des 23.540$ de revenus annuels. Face à ce résultat, le Dr Adina Hazzouri avance quatre causes: un accès réduit à l'éducation, une activité physique réduite et une plus grande propension à fumer, des conséquences hormonales dues à plus de stress, ainsi que le manque d'accessibilité au système de santé.

Depuis longtemps, parmi les pays riches, les Etats-Unis enregistrent le taux le plus important de personnes pauvres (17,1% de la population en 2011). A une époque où de plus en plus de métiers réclament l'utilisation de moyens intellectuels plutôt que physiques, de nombreuses études établissent une causalité entre pauvreté et dégradation de la santé mentale. Mais le Dr Hazzouri a remarqué que la majorité d'entre elles tirent leurs conclusions sur une période d'examination courte, sans considérer les variations de revenu tout au long d'une vie.

Cette étude essuie quelques critiques, notamment une possible confusion entre causes et conséquences: n'est-ce pas plutôt les personnes les moins éduquées qui sont enclines à plus de pauvreté? Pour cette raison, l'équipe du Dr Hazzouri a mené un test en sens inverse. Résultat: même les participants les plus éduqués de l'échantillon marquent un score moins important s'ils ont passé beaucoup de temps avec un bas ou très bas revenu. Ce serait la preuve, selon les commanditaires, que la pauvreté entraîne un déclin des capacités intellectuelles, peu importe les performances cognitives initiales de l'individu.

D'autres lecteurs ont également lu

Les + consultés

Vous êtes hors-ligne
Connexion rétablie...