Le foot amateur menacé par le manque d'arbitres: "Aujourd'hui, il y a urgence, on fait face à une pénurie chaque week-end"
Pour le député MR Philippe Dodrimont, il est urgent de revoir le défraiement des arbitres en Belgique.

- Publié le 01-10-2022 à 08h14
- Mis à jour le 01-10-2022 à 08h24

La situation devient intenable dans le football amateur. Pas un week-end ne passe sans que les clubs soient contraints de faire appel à des bénévoles ou à des parents pour arbitrer les rencontres. Mais cela devient problématique, constate Philippe Dodrimont (MR), député à la Fédération Wallonie-Bruxelles et président d'un club de D3 amateur. "Il faut rendre le métier plus attrayant en travaillant sur le défraiement des arbitres. Aujourd'hui, il y a urgence, on fait face à une pénurie chaque week-end."
Le député avance une solution : l'exonération, partielle ou totale, de la rémunération des arbitres. "Pour qu'un club fonctionne bien et progresse en matière de performances sportives et sociales, il doit pouvoir compter sur tous les acteurs du jeu : les encadrants, les joueurs, les bénévoles qui préparent le terrain et font en sorte que la compétition puisse avoir lieu, mais aussi, évidemment, l'arbitre. Sans arbitre, il n'y a pas de compétition et, finalement, pas de sport ! " souligne-t-il. Tant dans le foot que dans d'autres sports, la pénurie croissante d'arbitres pose énormément de difficultés aux clubs.
"Chaque week-end, ils sont contraints de faire appel à des bénévoles, des parents, des membres du staff pour leur demander d'arbitrer faute de quoi les matchs… sont annulés." Lui-même à la tête d'un club liègeois, il constate que la situation devient critique. "Je suis très inquiet surtout pour les petits clubs amateurs. Au niveau des championnats, les séries de P3 et P4 sont fortement impactées. Pour prendre l'exemple de Liège, il y a sensiblement plus de matchs de P3 et P4 par week-end que d'arbitres disponibles."
Récemment, Jean-Noël Jacob, le président du Bureau régional d'arbitrage (BRA) liégeois, a admis que, depuis la reprise, le BRA n'a eu d'autre choix que de laisser deux séries complètes de P4 sans le moindre arbitre désigné.
D'après le député MR, les raisons sont multiples. "Le comportement agressif de certains autour des terrains de foot, dissuade les jeunes de s'engager dans le métier. À cet égard, les clubs doivent être intransigeants pour sanctionner les auteurs de troubles. Mais il y a aussi la problématique de la rémunération. Un arbitre touche 40 à 50 euros pour deux à trois heures de prestation, avec tout ce qui entoure un match, de sa préparation à sa fin, ainsi que les frais de déplacement. Ces derniers peuvent chiffrer rapidement pour les clubs dans des villages."
Dans l'optique de renforcer l'attractivité du métier d'arbitre, le député MR encourage donc l'exonération partielle ou totale de ces rémunérations. " Je suis persuadé que ce sera un élément déterminant pour booster le nombre de candidats. C'est une décision qui devra se prendre au niveau fédéral. Sans une proposition forte, on risque clairement la disparition de certaines séries de championnat", conclut-il.
