PGA Championship: "Nous, les joueurs, nous étions dans le noir"
Le Belge, qui jouera son quatrième US PGA est revenu sur les derniers événements qui ont touché le LIV Golf.

- Publié le 13-05-2026 à 06h50

Thomas Detry disputera à l'Aronimink Golf Club son 10e tournoi cette saison. L'an passé, lorsqu'il évoluait encore sur le PGA Tour, le PGA Championship était déjà sa 15e sortie de l'année. En 2026, la cadence de son calendrier est moins infernale. Ses résultats restent très positifs. Après deux tournois sur le DP World Tour (Dubaï et Bahrein) et sept sur le LIV Golf, il a signé cinq tops 10 dont deux podiums.
Il débarque en Pennsylvanie avec un petit historique sur le PGA Championship. En 2024, il avait atteint le top 40. En 2025, il avait poussé jusqu'à la quatrième place finale. L'an passé, au Quail Hollow Club, il n'avait pas franchi le cut. Sa quatrième participation a pris un accent différent puis qu'il évoluera sous la bannière du LIV Golf. Le golfeur reste le même. Ses ambitions aussi.
Vous sortez d'une sixième place au LIV Golf Virginia. Dans quel état d'esprit avez-vous posé vos valises en Pennsylvanie ?
Je me sens vachement bien. Mentalement, je suis en forme. Mon jeu est bien en place. En golf, tu ne peux jamais prédire le scénario de la semaine, mais je joue avec beaucoup de confiance. Mon début de saison est très positif. J'ai été très déçu de ne pas pouvoir disputer The Masters. Il fallait figurer dans le top 50 au 31 décembre. Je figurais à la 53e place. Je l'ai raté de peu. Sur le LIV Golf, nous prenons peu de points.
Dans quelle mesure, le LIV Golf a-t-il diminué votre niveau de concentration sur un parcours ?
Je me suis promis de ne jamais relâcher la pression. Je suis un golfeur professionnel. Je me donne à fond tous les jours. Je le dois à moi, à mon caddie et à mon entraîneur. Je n'ai jamais voulu calculer mes efforts. Je ne me repose pas. Bref, l'intensité reste la même. A chaque entraînement, je donne tout.
Le LIV vous aide-t-il à être encore plus performant ?
J'ai gardé la même approche de travail. Moi, je suis fan du LIV. Le produit est excellent. On peut juste dire qu'il n'y a pas de cut. Par conséquent, tout le monde joue jusqu'au dernier jour et empoche un chèque ce qui peut diminuer la concentration de certains.
Les joueurs ont été invités à quelques meetings avec notamment la présence de Donald Trump."
Vous parlez du LIV Golf. Comment avez-vous vécu les récents événements au sujet de l'avenir du circuit saoudien ? L'aventure s'arrêtera-t-elle en fin d'année ?
Tout a démarré à cause d'un tweet lorsque nous étions au Mexique il y a un mois. Ce tweet indiquait qu'une grosse annonce était imminente. Tout s'est emballé car les gens aiment critiquer le LIV Golf. On parlait même de l'annulation du tournoi du Mexique ce qui ne fut pas le cas. Le leadership du LIV n'a pas très bien communiqué sur le sujet. Nous, les joueurs, nous étions dans le noir. Nous avons reçu la confirmation que les Saoudiens stopperaient leur financement en fin de saison. Les joueurs ont été invités à quelques meetings avec notamment la présence de Donald Trump. Beaucoup d'hommes d'affaires semblent être intéressés.
Comment vivez-vous cette période d'incertitude ?
Je reste positif. Nous adorons le LIV. Je ne me fais pas de souci. Nous avons compris qu'on ne jouera probablement plus pour 30 millions. J'ai beaucoup réfléchi. J'ai discuté avec ma femme et mon psychologue. Je suis de nature à m'inquiéter vite. Je ne contrôle pas l'avenir du LIV. Je dois donc me concentrer sur mon golf et mes entraînements afin de garder la tête froide. Telle est ma seule mission. Quoi qu'il arrive, je m'en sortirai.
Revenons sur le PGA Championship qui débute jeudi à Philadelphie. Quel est votre objectif au niveau sportif ?
Je dois d'abord garder la tête froide. Je veux gérer comme je gère une semaine sur le LIV. Je ne vais donc pas m'emballer en réalisant une préparation de dingue. Je pense que je peux aller chercher un top 10 même si je commence toujours avec la volonté de gagner.
Votre quatrième place lors de l'édition 2024 peut-elle vous aider aujourd'hui ?
Avant cette quatrième place, j'avais réussi des tops 12. Là, je me suis battu avec les meilleurs. Cette quatrième place, c'est comme atteindre une demi-finale ou même une finale à Roland-Garros. Tu te mesures aux meilleurs jusqu'au bout devant des dizaines de milliers de spectateurs. Cette semaine-là, j'avais prouvé à moi-même et au monde entier que je méritais ma place. Je vivais ma deuxième saison sur le circuit PGA. J'ai sorti de gros résultats.
Quelle place accordez-vous au PGA Championship par rapport aux trois autres Majeurs ?
L'US Open et le Brittish Open sont des 'open'. Ils sont donc ouverts à tout le monde. Le Masters n'accueille qu'un champ réduit de 91 golfeurs dont une dizaines d'anciens vainqueurs. Il est donc le tournoi le plus facile à gagner. Le PGA Championship réunit d'office les 100 meilleurs mondiaux ce qui en fait le Majeur le plus compétitif et donc le plus dur à remporter.
Quels sont les favoris ?
Je dois évidemment pointer Scottie Scheffler et Rory McIlroy. Bryson DeChambeau et Jon Rahm sont de formidables joueurs avec qui j'ai partagé une partie la semaine dernière.
Craignez-vous que les joueurs du LIV Golf soient montrés du doigt lors de cet US PGA ?
Je n'appréhende pas du tout. J'ai envie de montrer ce que je vaux. Mon objectif, c'est de porter le drapeau du LIV le plus haut possible. Je suis fier de prouver que nous avons le niveau. D'ailleurs, nous sommes sous-représentés. L'Australien Lucas Herbert, qui a remporté le titre la semaine dernière en rendant une carte de -24 au LIV Golf Virginia aurait pu recevoir une invitation.
Parlez-nous du parcours. Le connaissez-vous ?
Je ne le connaissais pas. Il y a deux semaines, j'avais un break. J'en ai profité pour faire un aller-retour sur une journée car j'étais à Palm Beach. J'ai fait une reconnaissance. Le terrain est en super bon état. Il me semble possible de rendre une carte de -15 voire -20 en fonction de la météo.
Ensuite, vous prendrez la direction d'Anvers à l'occasion du Soudal Open que vous n'avez plus disputé depuis 2023…
Je me suis retrouvé dans la même position qu'Adrien Dumont de Chassart qui évolue sur le PGA Tour. Les calendriers DP World Tour et PGA Tour ne sont pas compatibles. Je prends mon vol dimanche soir en direction de Londres pour y déposer mes enfants. J'arriverai à Anvers mardi soir. J'ai hâte de revoir la Belgique et les supporters belges. Je serai heureux de revoir le Soudal Open qui est un magnifique tournoi qui se joue chez nous.
