"Nous avons la meilleure défense au monde": décryptage du jeu des Red Panthers avant la demi face aux Pays-Bas
L'équipe nationale féminine belge affronte les Néerlandaises en demi-finale du Mondial avec de grosses qualités montrées depuis le début du tournoi.
- Publié le 27-08-2026 à 10h14
À quelques heures de la demi-finale du Mondial face aux Pays-Bas, notre consultante Émilie Sinia passe en revue les principales forces des Red Panthers.
Des gardiennes à la défense, du pressing au secteur offensif, sans oublier le pc, elle analyse les clés du jeu belge.

1. "Des gardiennes qui montent en puissance"
"On parle beaucoup de l'alternance entre les deux gardiennes, qui change à chaque quart-temps. Pour que cela fonctionne, il faut une grosse entente et c'est le cas avec Elodie Picard et Elena Sotgiu, qui acceptent la situation. Personnellement, je comprends moins l'acceptation des joueuses que la décision du coach. Quand tu es en forme et que tu performes, je ne peux pas comprendre qu'on accepte de laisser sa place à une autre gardienne à chaque quart-temps.

Quand on est certaine de ses qualités, on veut rester première gardienne, comme c'était le cas avec Aisling D'Hooghe ou comme c'est le cas chez les Red Lions avec Vincent Vanasch. Nos deux gardiennes sont en tout cas montées en puissance au fil du tournoi. Je suis fan des réflexes de Sotgiu, ainsi que de la communication de Picard."
2. "La meilleure défense du monde"
"Nous avons la meilleure défense au monde et c'est en partie grâce à Stéphane Vanden Borre, qui est aussi pour moi la meilleure relanceuse du monde. Mais ce qui m'impressionne surtout, c'est la multiplication des profils. Emma Puvrez est d'après moi la Panther du tournoi grâce à ses percées offensives et à ses assists en flick. Hélène Brasseur est la meilleure en un contre un défensif. Ces profils sont contrebalancés par ceux de Lien Hillewaert, un bon soldat qui ne perd jamais la balle, et de Lisa Moors, qui est très solide.
Ce qui m'impressionne dans la défense, c'est la multiplication des profils.
C'est aussi la ligne la plus expérimentée, avec une majorité de filles qui jouent ensemble depuis longtemps. Cinq buts encaissés en cinq matchs, c'est une bonne statistique, même si les deux buts concédés contre la Nouvelle-Zélande étaient évitables."
3. "Un pressing intense sur l'adversaire"
"Ce qui me frappe le plus dans la ligne du milieu, c'est la rapidité des reconversions défensives. Dès qu'une joueuse perd la balle, une coéquipière met un pressing intense sur l'adversaire dans les deux ou trois secondes. Camille Belis a une grosse condition physique et est une milieu défensive par excellence. Michelle Struijk a un excellent pré-scan et amène facilement la balle vers l'avant. Alix Gerniers est une véritable milieu offensive qui casse les lignes. Louise Dewaet réalise un excellent premier tournoi et Judith Vandermeiren amène toute sa puissance.

La clé, c'est la connexion entre les milieux et les attaquantes. Il faudrait réussir à ne plus voir de différences entre les positions des joueuses, ce qui créerait davantage de jeu vertical. Tout en continuant, bien sûr, à savoir parfaitement quand donner la balle."
4. "Une énorme énergie dépensée par les attaquantes"
"On voit parfois certaines prises de balle offensives ratées ou certains mauvais choix dans la zone de conclusion. Mais il ne faut pas oublier toute l'énergie dépensée par les attaquantes dans le pressing. Cela amène forcément du déchet offensif. La façon de presser de l'équipe est l'une des grandes armes des Red Panthers. Leur excellente condition physique leur permet de récupérer la balle très rapidement. Elles peuvent mettre une pression haute pour empêcher le développement du jeu ou une pression basse pour repartir en contre-attaque.
La façon de presser de l'équipe est l'une des grandes armes des Red Panthers.
Il faut toutefois que la domination dans un match se transforme en véritables opportunités de but. Ambre Ballenghien doit être fournie en balles pour montrer sa qualité de tueuse. D'autres filles sont également bien présentes, comme Delphine Marien, qui fait du bon boulot, ou les jeunes Famke Van Heel et Émilie Verhees, qui amènent de belles actions mais peuvent aussi parfois disparaître durant une rencontre. Mais pour remporter un match, il ne faut parfois qu'un seul coup de folie…"
5. "Le PC comme seul point négatif"
"Le PC est peut-être le seul point négatif depuis le début du tournoi : cinq PC marqués sur 36 réalisés, soit un taux de réussite de 13,89 %. Lors du dernier match contre l'Argentine, la Belgique a obtenu sept PC dans le dernier quart-temps, avec quelques rebonds possibles qui ont donné au total une dizaine d'occasions de but. Quand on ne met pas un seul goal malgré cela, face à la deuxième nation mondiale, c'est problématique…

Personnellement, je commencerais par une phase directe pour voir comment l'adversaire sort et identifier si un côté est ouvert. La phase avec une passe retour vers la donneuse est assez bien maîtrisée par les Red Panthers via Emma Puvrez. Elles sont aussi friandes du tip-in revers. Le PC pourrait en tout cas être la clé face aux Pays-Bas, car la Belgique n'aura probablement pas énormément d'actions de plein jeu."