Coupe du Monde aux USA: le rêve du grand rendez-vous populaire vire au cauchemar financier
Billets hors de prix, transports multipliés par dix, hôtels inaccessibles : le rêve du grand rendez-vous populaire vire au cauchemar financier.

- Publié le 27-04-2026 à 07h24
- Mis à jour le 27-04-2026 à 11h52

À côté de la Coupe du monde qui s'ouvre aux États-Unis le 11 juin prochain, celle du Qatar en 2022 pourrait presque passer pour un événement populaire. L'inflation qui entoure la compétition a de quoi donner le vertige, et elle ne se limite pas au prix des billets.
Sur le site officiel de revente de la FIFA, quatre billets de catégorie 1 pour la finale du 19 juillet au MetLife Stadium sont proposés à environ 2 millions d'euros le lot. Sur chaque ticket vendu via sa plateforme, l'instance prélève 15 % à l'acheteur et 15 % au vendeur. Autrement dit, la FIFA empocherait près de 590 000 euros par billet revendu. Et même en dehors du marché secondaire, les prix atteignent des sommets : plus de 10 000 dollars pour certaines places en finale. Mais les billets ne sont qu'une partie de l'envolée inflationniste.
À titre d'exemple, pour rejoindre le MetLife Stadium depuis Manhattan, qui accueillera huit matchs, la facture s'envole. Le trajet en train aller-retour passera de 12,90 dollars à 150 dollars, soit onze fois le tarif normal. Le bus sera à 80 dollars, le parking à 225 dollars par match. À Boston, un aller-retour vers le stade de Foxborough coûtera 80 dollars, contre 8,75 habituellement, soit dix fois plus. De plus, les tarifs spéciaux Mondial ne comportent par ailleurs aucune réduction pour les personnes âgées ou les enfants.
L'enfer logistique
La FIFA, qui dit avoir été "surprise", a rappelé que les accords initiaux de 2018 prévoyaient la gratuité des transports pour tous les matchs. Elle a ensuite revu ses exigences en 2023, réclamant un accès "à prix coûtant". Mais face aux coûts de sécurité colossaux, 48 millions de dollars rien que pour les huit soirs au MetLife, la gouverneure du New Jersey a refusé de faire porter la facture à ses contribuables.
Il faut dire que cette Coupe du monde se déroule dans un contexte politique particulier. Jean-Baptiste Guégan, spécialiste de géopolitique du sport et intervenant à Sciences Po Paris, pointe une instrumentalisation en marche. "Chaque occasion que Trump aura de prendre la parole pour parler football sera dans son intérêt, pour polariser. L'objectif est très clair : se servir de l'écho de la Coupe du monde pour pousser ses thèmes et imposer son agenda. Trump veut donner des gages à sa base électorale, ce sera sa compétition. La politique migratoire risque également d'être un outil central et potentiellement explosif dans la gestion de cette Coupe du monde."
La grand-messe du football mondial risque donc de laisser une image bien moins festive que prévu. Les hôtels new-yorkais, qui espéraient faire le plein, ont déjà dû revoir leurs prix à la baisse de 30 à 50 %. Preuve que, cette fois, les supporters rechignent à sortir le chéquier.
