"Une grave menace": pourquoi cette banque iranienne est dans le viseur de Trump
Derrière la banque iranienne Bank Melli se joue une bataille financière entre Washington et Téhéran.

- Publié le 27-08-2026 à 19h15
- Mis à jour le 27-08-2026 à 19h50

"Toutes les succursales de la Bank Melli doivent être fermées et plongées dans le noir", a déclaré ce lundi le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, lors de l'annonce de nouvelles sanctions économiques contre l'Iran et ses alliés.
Mais derrière cette annonce, quel est réellement le rôle de cette banque iranienne et pourquoi les États-Unis cherchent-ils à la cibler ?
Une banque au cœur du système financier iranien
Fondée en 1928, Bank Melli Iran est la plus grande banque commerciale du pays. Selon les informations publiées par sa succursale allemande, elle compte environ 3100 agences dans le monde, notamment à Paris, Londres ou encore Hambourg, et emploie quelque 37 000 personnes.

En Europe, son réseau propose notamment des services de paiements internationaux avec l'Iran, des garanties, des lettres de crédit, des services d'encaissement documentaire. Elle sert également d'intermédiaire entre les entreprises étrangères et l'Iran. "Your Partner for Business with Iran", peut-on d'ailleurs lire sur le site de la succursale d'Hambourg. Comprenez : "Votre partenaire pour faire des affaires avec l'Iran".
Dans le viseur américain depuis 2007
Dès 2007, la banque était visée par des sanctions américaines. "Bank Melli déploie des efforts considérables pour aider l'Iran à se doter de l'arme nucléaire et de missiles balistiques, tout en permettant à d'autres entités désignées de contourner les sanctions", expliquait à l'époque le Trésor américain. A l'époque, Washington estimait que "Bank Melli constitue une grave menace pour l'intégrité du système financier international".
Les autorités américaines affirmaient également que la banque fournissait des services financiers à des entités liées aux Gardiens de la révolution iraniens, notamment aux Forces Al-Qods. Le Trésor américain avait notamment indiqué qu'entre 2002 et 2006, Bank Melli avait été utilisée pour transférer au moins 100 millions de dollars à la Force Al-Qods.
La situation avait toutefois changé en 2015 avec l'accord sur le nucléaire iranien, le JCPOA, conclu entre l'Iran, les États-Unis, la Chine, la Russie, la France, le Royaume-Uni, l'Allemagne et l'Union européenne. Après l'annonce de l'accord, l'Union européenne avait alors levé la plupart de ses sanctions économiques, notamment concernant la banque.
Un durcissement des sanctions
Cette levée de sanctions n'aura duré que quelques années. Selon le New York Times, les pays européens ont réimposé des restrictions particulièrement sévères en septembre 2025. Dès lors, les succursales locales, bien que toujours ouvertes, ont pour la plupart été incapables de transférer des fonds ou de faciliter les échanges commerciaux avec l'Iran.
Le quotidien américain souligne néanmoins que d'autres pays, notamment les Émirats arabes unis, ont longtemps joué un rôle majeur dans les transactions financières iraniennes. Les échanges commerciaux entre l'Iran et les Émirats ont ainsi représenté environ 28 milliards de dollars en 2024, année durant laquelle les Émirats étaient le principal fournisseur de l'Iran en matière d'importations.
Mais depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, le 28 février dernier, et les représailles iraniennes visant notamment des sites américains dans plusieurs pays du Golfe, dont les Émirats arabes unis, les relations économiques entre les deux pays se sont fortement tendues. Le 18 août dernier, les autorités émiraties ont finalement annoncé la suspension de toutes les transactions commerciales et financières avec l'Iran.