Telegram donne désormais les numéros de téléphone des pirates à la police : les interventions s'enchaînent
Plusieurs opérations policières, dont la suppression de certains comptes et l'arrestation de plusieurs personnes, se sont déroulées depuis que Telegram fournit les numéros de téléphone et adresses IP des fraudeurs aux autorités.

- Publié le 19-11-2024 à 17h09
- Mis à jour le 19-11-2024 à 17h44

Après un vol de données massif au sein de l'opérateur télécoms Free, la justice française a ordonné à la messagerie Telegram de révéler l'identité du hacker qui avait utilisé la plateforme pour faire pression sur l'opérateur, a appris l'AFP lundi.
Saisi par Free, le tribunal judiciaire de Paris a ainsi rendu le 12 novembre une ordonnance en référé exigeant que la messagerie Telegram communique à Free "toutes les données d'identification" liées à un compte suspecté d'appartenir au hacker qui avait attaqué la base de données des clients de Free. Le tribunal a donné 48 heures à Telegram pour s'exécuter.
Plus de 19 millions de clients touchés
L'attaque, révélée par Free fin octobre, a permis le vol des données personnelles de 19,2 millions de clients de l'opérateur et fournisseur d'accès français, selon le pirate qui avait mis en vente ces données sur un site en ligne. Selon la décision, publiée en ligne, Free a décidé de saisir la justice après qu'un utilisateur a contacté via Telegram "le président du groupe Iliad" pour tenter d'obtenir le paiement d'une somme de 10 millions d'euros en cryptomonnaies. L'auteur du chantage revendiquait alors le vol des données des clients Free.
Fin septembre, la messagerie Telegram avait modifié ses règles d'utilisation pour collaborer davantage avec la justice. "Nous avons clarifié le fait que les adresses IP et les numéros de téléphone portables de ceux qui violent nos règles pourront être communiqués aux autorités en réponse aux requêtes judiciaires valides", avait annoncé Pavel Durov, fondateur et patron de Telegram, après avoir été mis en examen fin août, notamment pour "refus de communiquer les informations nécessaires aux interceptions autorisées par la loi".
Les fournisseurs IPTV aussi touchés
Cette décision judiciaire n'est pas un cas isolé. Elle s'inscrit dans un contexte plus large de lutte contre les activités illégales sur Telegram, notamment concernant l'IPTV illégale. Une opération de grande envergure, baptisée "Corsaire Bleu", a été récemment menée par la Guardia Civil à Madrid pour démanteler des réseaux pirates exploitant la plateforme, d'après le média Presse-Citron.
Elle a conduit à l'arrestation d'un homme de 37 ans, soupçonné d'avoir géré une extension permettant la diffusion illégale de contenus à 78 000 utilisateurs. Le préjudice financier lié à ses activités a été estimé à environ 47 millions d'euros. Cette intervention a aussi permis de démanteler plusieurs chaînes illégales sur Telegram, dont "Cristal Azul", "la chaîne de streaming la plus importante d'Espagne" selon les autorités.
Une opération qui aurait été difficilement possible sans l'aide fournie par le réseau social depuis la modification de ses règles d'utilisation.
