ArcelorMittal et John Cockerill veulent décarboner la fabrication de l'acier
Les deux groupes annoncent la création à l'horizon 2027 de la première usine d'électrolyse du fer à basse température à l'échelle industrielle. Une révolution dans la manière de produire de l'acier de manière nettement plus durable?

- Publié le 14-06-2023 à 19h48
- Mis à jour le 14-06-2023 à 19h54
Le géant sidérurgique ArcelorMittal passe à la vitesse supérieure avec la société belge John Cockerill, spécialisée dans le développement d'installations de traitement de l'acier et d'électrolyseurs. Objectif : la construction à terme de la première usine au monde d'électrolyse de fer à basse température à l'échelle industrielle. Cette usine, qui dans une première phase, produira entre 40 000 et 80 000 tonnes par an de plaques de fer devrait entrer en production en 2027. "Une fois que la technologie aura fait ses preuves à cette échelle, il est prévu d'augmenter la capacité annuelle de l'usine pour la porter entre 300 000 et 1 million de tonnes", expliquent les deux entreprises dans un communiqué commun. Le lieu de cette future usine n'est à ce jour pas connu mais elle devrait se situer en France ou en Belgique. Avec une probabilité plus grande pour l'Hexagone, puisque l'usine pilote qui a testé cette technologie à une échelle non industrielle se situe en Lorraine française. Mais cela reste donc à confirmer et cela fera l'objet d'un accord entre les deux partenaires.
ArcelorMittal et John Cockerill ne sont pas des inconnus l'un pour l'autre. Cela fait plusieurs années maintenant que les deux groupes collaborent sur un processus électrochimique de transformation de l'oxyde de fer en plaques de fer. Les deux partenaires se basent sur une technologie dénommée Volteron, un procédé décarboné d'électrolyse directe à froid qui permet d'extraire le fer du minerai de fer en utilisant l'électricité. Les plaques de fer créées au cours du processus d'électrolyse sont ensuite transformées en acier dans un four à arc électrique.

"C'est un moment important pour ArcelorMittal et pour l'industrie sidérurgique mondiale. L'électrolyse est une technologie révolutionnaire. Bien qu'elle doive encore mûrir, elle pourrait révolutionner le mode de fabrication de l'acier, en éliminant le carbone de l'élaboration de l'acier. Nous avons l'intention d'être des pionniers dans ce processus", explique Brad Davey, Head of Corporate Business Optimisation chez ArcelorMittal. "Nous sommes extrêmement fiers de développer avec ArcelorMittal une technologie qui peut apporter une contribution significative à la lutte contre le réchauffement climatique", a souligné, de son côté, Sébastien Roussel, président de John Cockerill Industry.