Zelensky mène "trois discussions parallèles" pour une importante commande d'avions: un duel entre le Rafale et le Gripen en vue ?
L'Ukraine veut moderniser sa flotte d'avions de combat. Son programme, lancé en 2020, a été chamboulé par la guerre. Mais des discussions ont été menées avec la Suède, et pourraient l'être avec la France. Rafale, Gripen et F-16 modernisés "Viper" sont en lice.

- Publié le 30-10-2025 à 10h27
- Mis à jour le 31-10-2025 à 09h45

Des millions d'euros en jeu, en parallèle de la guerre en Ukraine. Ces derniers jours, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a montré des signes d'intérêt pour l'achat de nouveaux avions militaires, dont deux Européens : le Rafale de Dassault et le Gripen de Saab. La version modernisée du F-16, le "Viper", désormais produite par Lockheed Martin (depuis le rachat de General Dynamics en 1993), est également en lice.
Le programme de modernisation de l'armée de l'air ukrainienne, nommé Air Force Vision 2035, avait été lancé en 2020, mais l'invasion russe en 2022 a bousculé la donne. Il visait justement à remplacer les Mig-29 (Mikoyan-Gourevitch) et Su-27 (Soukhoï) russes de l'époque soviétique.
Si les Français espèrent vendre le Rafale, aucun commentaire officiel n'a été fait pour le moment à ce sujet et Zelensky s'est laissé toutes les portes ouvertes. Emmanuel Macron a néanmoins rappelé son soutien à l'Ukraine il y a quelques jours, en annonçant envoyer des Mirage (Dassault) supplémentaires ainsi que des missiles Aster.
"Je mène trois discussions parallèles concernant les avions, avec les Suédois, les Français et les Américains."
Volodymyr Zelensky a, de son côté, évoqué auprès du média Ukrinform les avantages du chasseur suédois, comme "la maintenance la moins coûteuse, car elle nécessite un nombre réduit de personnes".
"Pour un pilote expérimenté, la formation ne dure pas un an et demi, comme par exemple avec le F-16, mais six mois", a ajouté Zelensky. Une rapidité de mise en condition potentiellement intéressante dans la situation actuelle. Il a aussi insisté sur la capacité de décollage et d'atterrissage "sur des pistes" ou parfois des terrains moins exigeants, ce qui constituerait un atout.

Autre point majeur pour l'Ukraine : l'aptitude à utiliser ses propres missiles et armements. "Alors que nous n'avions pas encore le F-16, nous commencions déjà à chercher des moyens d'utiliser des armes occidentales sur nos avions ukrainiens de fabrication soviétique. Cela nous a pris des mois, car nous ne pouvions pas utiliser les missiles existants. Et c'était difficile. Mais nos ingénieurs ont collaboré avec ceux des pays dont les armes sont disponibles. Presque tout ce que l'Ukraine utilise – missiles et autres armes – peut probablement y être intégré (au Gripen, NdlR) ", a-t-il encore déclaré auprès du média ukrainien.
Pour rappel, le président ukrainien et le Premier ministre suédois, Ulf Kristersson, ont signé une lettre d'intention sur la coopération dans le domaine de l'aviation militaire le 22 octobre dernier. Une étape importante pour la Suède, qui avait suspendu la potentielle vente de Gripen en 2024 après la demande de pays de l'Otan de favoriser la livraison de F-16 américains (envoyés par les alliés, et non une commande de F-16 "Viper").
Enfin, Zelensky a évoqué le chiffre de 250 nouveaux appareils, dont potentiellement 150 Gripen. Le reste pourrait donc se porter sur des Rafale et des F-16 Viper.

Et, contrairement à d'autres pays européens qui ont acheté des F-35 – l'avion multirôle furtif de Lockheed Martin – ce modèle n'a pas été mentionné. Plus onéreux, il nécessite également des infrastructures spécifiques (hangars, systèmes informatiques sécurisés, etc.), ce qui limiterait probablement l'opportunité. L'Ukraine a, comme le sous-entend Volodymyr Zelensky, besoin d'appareils nombreux, robustes, adaptés aux pistes moins "propres" et potentiellement plus facilement réparables, sans parler de la nécessité d'une formation plus rapide des pilotes. Si l'Ukraine devait commander 250 avions, cela ferait plus que doubler ses capacités. Selon plusieurs sources, le pays dispose actuellement de moins d'une centaine d'avions de combat, et un total d'environ 260 appareils d'aviation militaire (avions de combat, de support, de transport, hélicoptères, etc.), bien que ces chiffres évoluent en même temps que les pertes ou livraisons pendant le conflit.
À cela s'ajoute un facteur politique non négligeable : les tensions avec le président américain Donald Trump, notamment lors de la rencontre tendue avec Zelensky dans le bureau ovale le 28 février dernier, pourraient inciter Kyiv à éviter une dépendance excessive envers un fournisseur américain.
Une opportunité pour Dassault, dont le PDG Éric Trappier s'est d'ailleurs écharpé avec notre ministre de la Défense, Theo Francken (N-VA), récemment ? Possible.
"Je mène trois discussions parallèles concernant les avions, avec les Suédois, les Français et les Américains", a confirmé le président ukrainien. Les industriels européens ont donc clairement une carte à jouer.
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