France : les premiers membres du gouvernement de Sébastien Lecornu dévoilés, les critiques fusent de Jordan Bardella à Jean-Luc Mélenchon
Emmanuel Macron a nommé dimanche soir une première salve de 18 ministres du gouvernement de Sébastien Lecornu, dont les principales nouveautés sont le macroniste Roland Lescure à l'Economie et le retour de Bruno Le Maire, aux Armées.

- Publié le 05-10-2025 à 19h07
- Mis à jour le 05-10-2025 à 21h37

Le Premier ministre français Sébastien Lecornu compose son gouvernement, après avoir obtenu le feu vert des Républicains, décidés à maintenir leur alliance avec le camp présidentiel malgré les menaces de censure.
Au terme d'un week-end marqué par d'intenses négociations, réunions et pressions au sein de la coalition, le chef du gouvernement a dévoilé une première salve de ministres ce soir, annoncée par l'Élysée.
M. Lecornu doit prononcer mardi après-midi sa déclaration de politique générale à l'Assemblée nationale, avant une seconde série de nominations attendue dans les prochains jours.
Ministres :
- Élisabeth Borne, ministre de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche
- Manuel Valls, ministre des Outre-mer
- Gérald Darmanin, ministre de la Justice
- Bruno Retailleau, ministre de l'Intérieur
- Bruno Le Maire, ministre des Armées et des Anciens combattants
- Catherine Vautrin, ministre du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles, de l'Autonomie et des Personnes handicapées
- Rachida Dati, ministre de la Culture
- Roland Lescure, ministre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et énergétique
- Jean-Noël Barrot, ministre de l'Europe et des Affaires étrangères
- Éric Woerth, ministre de l'Aménagement du territoire, de la Décentralisation et du Logement
- Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité, de la Forêt, de la Mer et de la Pêche
- Annie Genevard, ministre de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire
- Amélie de Montchalin, ministre des Comptes publics
- Naïma Moutchou, ministre de la Transformation et de la Fonction publiques, de l'Intelligence artificielle et du numérique
- Philippe Tabarot, ministre des Transports
- Marina Ferrari, ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative
Ministres délégués
Auprès du Premier ministre :
- Aurore Bergé, ministre chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations, porte-parole du gouvernement
- Mathieu Lefevre, ministre chargé des Relations avec le Parlement
Après avoir annoncé la composition du gouvernement, le secrétaire général de l'Elysée, Emmanuel Moulin, a déclaré que le président de la République, Emmanuel Macron, réunirait le gouvernement Lecornu lundi à 16 heures pour un premier conseil des ministres.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a demandé à ses ministres nommés dimanche d'être "des négociateurs" et de "trouver des compromis avec l'ensemble des parlementaires", selon son entourage, alors qu'il est privé de majorité à l'Assemblée nationale et menacé de censure par les oppositions.
Ce gouvernement "ressemble au socle commun" de la droite et du centre de la précédente coalition gouvernementale et "allie la stabilité", car "certains acteurs et administrations ont besoin de continuité", et le "renouvellement puisque sur les ministres nommés ce jour, un tiers" d'entre deux "n'appartenaient pas au gouvernement précédent", fait valoir M. Lecornu par son entourage. Son "premier objectif sera "de faire adopter un budget pour la France avant la fin de l'année" et de "piloter quelques grands chantiers d'intérêts nationaux pour nos concitoyens", a ajouté la même source.
Les réactions affluent
Le président du Rassemblement national Jordan Bardella a raillé dimanche la composition du gouvernement de Sébastien Lecornu, "composé des derniers macronistes agrippés au radeau de la Méduse", et réitéré les menaces de censure.
"Nous l'avions dit clairement au Premier ministre: c'est la rupture, ou la censure", a-t-il dit sur le réseau X. "Le gouvernement annoncé ce soir, composé des derniers macronistes agrippés au radeau de la Méduse, a décidément tout de la continuité, absolument rien de la rupture que les Français attendent", a-t-il estimé.
Le leader de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a qualifié dimanche le gouvernement de Sébastien Lecornu de "cortège de revenants à 80% de LR et anciens LR" et s'est dit convaincu qu'il "ne tiendra pas".
"Des élections pour rien, deux censures pour rien ? Cela ne tiendra pas", a réagi Jean-Luc Mélenchon sur le réseau X, fustigeant "le gavage d'une oligarchie parasite du pays. Le compte à rebours pour les chasser tous est commencé", a-t-il promis.
Le chef de file des députés socialistes Boris Vallaud a dénoncé dimanche l'"obstination" des macronistes qui "plonge chaque jour un peu plus le pays dans le chaos", après la nomination du gouvernement de Sébastien Lecornu qui reconduit les principaux ministres sortants.
"Ils perdent les élections mais ils gouvernent. Ils n'ont pas de majorité mais refusent les compromis. Ils se font renverser mais restent en poste. À quoi jouent les macronistes?", a écrit sur X le dirigeant du PS.
Le patron des Républicains, Bruno Retailleau, qui était favorable à la participation de son parti à l'exécutif de Sébastien Lecornu, a déploré dimanche que "la composition du gouvernement ne reflète pas la rupture promise".
"Devant la situation politique créée par cette annonce, je convoque demain matin le comité stratégique des Républicains", une instance qui regroupe les principales personnalités du parti, a-t-il annoncé sur le réseau social X.
